Editorial

Le PLR évite l'humiliation, à raison

Le ticket à trois du PLR pour la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral est dicté par la sagesse et la prudence. Notre éditorial

Ignazio Cassis, Pierre Maudet et Isabelle Moret respirent. Le trio de l’été est sorti indemne de la séance du groupe parlementaire PLR ce vendredi à Neuchâtel. Les élus fédéraux libéraux-radicaux ont choisi d’éviter de faire un premier tri entre les candidats à la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral.

Ce vendredi 1er septembre: Le groupe PLR lance les trois candidats à l'élection au Conseil fédéral

Cette stratégie est dictée par une certaine sagesse. Deux des trois candidatures – celles d’Ignazio Cassis et d’Isabelle Moret – répondent à des sollicitations exprimées tout au long de l’été par nombre de chefs de file du parlement et d’observateurs politiques, par souci de représentativité du gouvernement.

Comment s'épargner des guerres intestines

Quant à Pierre Maudet, ni Tessinois, ni femme, il a prouvé par sa candidature de contenu qu’il méritait de poursuivre le chemin à ce stade et d’être présenté à l’Assemblée fédérale. En écartant le conseiller d’Etat, le groupe parlementaire PLR aurait aussi, en quelque sorte, puni l’audace et traumatisé la relève, contre l’intérêt du parti. En figurant sur le ticket, le Genevois a déjà gagné son pari.

Les libéraux-radicaux s’épargnent ainsi des blessures et des guerres intestines, risques que prend une formation lorsqu’elle veut s'offrir la vitrine médiatique d'une primaire. Le PS français et son ancienne star déchue Manuel Valls en savent quelque chose.

Eviter une candidature sauvage

La stratégie d’un ticket à trois poursuivie par le PLR est aussi celle de la prudence. Elle permet au parti de se mettre à l’abri d’une candidature sauvage qui risquait d’émerger les jours précédant l’élection au Conseil fédéral. On pense notamment à celle de la Tessinoise Laura Sadis, dont le nom continue de bruisser à Berne, notamment selon les humeurs de la gauche.

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Finalement, après un début d’été poussif, le PLR poursuit donc son opération communication à peu de frais. Les grands électeurs que sont les parlementaires fédéraux ont désormais trois semaines pour mûrir leur choix. Tout pronostic est délicat. A ce stade, les deux Romands semblent toutefois séduire le même public, au centre et à gauche. Une dispersion des voix entre Pierre Maudet et Isabelle Moret ouvrirait alors une voie royale à Ignazio Cassis.

Des formules parfois toutes faites

Mais ne préjugeons pas du déroulé des auditions face aux autres partis, cruciales dans ce type d’élection. En espérant que le débat porte alors sur le fond, sur l’avenir du pays, et non sur des polémiques stériles comme celles de la double nationalité ou de la feuille de paie des candidats.

Si le PLR a su mettre en avant la profondeur de son banc jusqu’à présent, il lui reste à montrer qu’il sait produire sur le terrain un jeu performant, notamment sur le dossier européen. Car c'est bien là que les contradictions et formules toutes faites des candidats, susceptibles de reprendre les Affaires étrangères, ont pour l’heure le plus inquiété.

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