Une salle polyvalente transformée en chaudron, des bulletins qu’il faut recompter (et recompter), une suspension de séance. Il y avait quelque chose d’irrationnel mercredi soir au congrès du PLR Vaud, qui désignait ses candidats pour le Conseil d’Etat. Le parti s’est offert une de ces nuits électorales électriques, dont l’intensité rappelait 2006 et la nomination surprise d’une certaine Jacqueline de Quattro.

Au final, le scrutin s’est joué sur presque rien, quelques absences, des bulletins blancs. A deux toutes petites voix, sur plus de 400 délégués présents, les candidats PLR et le visage du prochain gouvernement auraient été différents. Pour une poignée de suffrages, celle qui semblait intouchable – Isabelle Moret – aurait même pu rester sur le carreau. Un camouflet qui aurait plongé le parti dans une crise interne.

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La surprise, c’est que cette folle soirée a finalement accouché d’un résultat sans surprise. La sortante, Christelle Luisier, l’enfant chérie du parti, ovationnée, sera accompagnée par les parlementaires fédéraux Isabelle Moret et Frédéric Borloz. Un choix en forme de loyauté et de reconnaissance à celle qui a présidé le Conseil national et à celui qui a présidé le parti. C’est aussi la confirmation que le passage par Berne, avec sa visibilité médiatique, devient un avantage concurrentiel certain; les socialistes Cesla Amarelle et Rebecca Ruiz ont été élues alors qu’elles siégeaient sous la Coupole.

Limitation des mandats rejetée

Le ticket PLR n’en demeure pas moins solide, avec trois personnalités fortes qui devraient permettre au parti de conserver ses trois sièges. Reste qu’en misant sur l’expérience de ses stars bernoises, le parti ne donne pas un signal de renouveau. Un renouveau pourtant attendu à l’interne. Mais cette envie n’a pas suffi. De très peu. Deux voix. C’est ce dont aurait eu besoin le plus jeune des candidats, Alexandre Berthoud, pour être désigné. Deux voix. C’est également ce qui a manqué à la direction pour convaincre une majorité de délégués d'accepter une modification de statuts introduisant une limitation des mandats électoraux. La mesure devait favoriser la relève dans une formation politique qui n’en manque pas.

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Certes, avec 49 députés, le «Grand Vieux Parti» demeure le groupe le plus puissant du Grand Conseil. Mais le paysage politique vaudois est plus incertain qu’il n’y paraît. Les alliances à droite sont à reconstruire, face à une gauche conquérante. Avec les départs annoncés de Pascal Broulis et Philippe Leuba, dont les règnes se sont étalés sur vingt et quinze ans, l’occasion était pourtant belle de donner un nouvel élan.