«Des villes submergées, des ponts brisés et des habitants coupés du monde…» dit la chaîne LCI. Des dizaines de milliers de sauveteurs sont toujours mobilisés ce lundi dans le sud-ouest du Japon, ravagé par les inondations et les glissements de terrain de ce week-end, qui ont fait plusieurs dizaines de morts selon un bilan provisoire. Au moins 50 personnes ont perdu la vie et plusieurs autres sont en «arrêt cardiorespiratoire», un terme usité au Japon avant le constat officiel du décès par un médecin, a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, devant la presse. Le bilan ne cesse de s’alourdir. Il est actuellement très incertain.

Lire aussi: Des inondations meurtrières touchent le sud-ouest du Japon

Des scènes dantesques, comme le montrent les images d’Euronews et de la NHK ci-dessous – ainsi que celles de nombreuses autres télévisions – qui disent bien la «très rapide montée des eaux». Les autorités ont donné l’ordre à plus de 200 000 personnes de quitter leurs foyers, selon l’AFP. Dans certaines régions, des habitants se retrouvent complètement isolés. L’armée a été appelée à la rescousse pour participer aux opérations de sauvetage.

«C’est le sud de l’archipel qui est le plus impacté, notamment les préfectures de Kumamoto et de Kagoshima, sur l’île de Kyushu», indique Le Dauphiné libéré. Le Japan Times, cité par Courrier international, rapporte, lui, que «parmi les victimes figurent 14 résidents d’une maison de retraite envahie par les eaux. Onze personnes sont toujours portées disparues et les recherches se poursuivaient lundi matin, alors que ces pluies torrentielles devraient durer jusqu’à mardi.» Le même quotidien écrit encore que «la télévision a diffusé des images de maisons et de voitures submergées par les eaux boueuses» et que «la crue d’une rivière a emporté un pont».

L’Agence météorologique du Japon a appelé les habitants de la région à évacuer leurs logements. Et pendant ce temps-là, «les Tokyoïtes offraient un second mandat à leur gouverneure, Yuriko Koike, largement réélue dimanche à la tête de la capitale japonaise», selon la NHK. Peu compatissante envers les victimes des intempéries, «la politicienne de 67 ans a affirmé que sa priorité irait à la lutte contre la recrudescence des cas de Covid-19, observée récemment à Tokyo».

Le correspondant à Tokyo du Guardian décrit pour sa part un pays extrêmement bien organisé, qui a très rapidement tout mis en œuvre pour «venir en aide aux sinistrés et se mettre à la recherche de nombreuses personnes disparues»… Il attribue la cause de ces intempéries à la «crise climatique systémique» dont il a fait un de ses chevaux de bataille médiatiques. Ce, alors que certains font dans la poésie en ce moment choisi:

Libération n’est pas de cet avis, qui dit que «tous les ans, quelque part au Japon, se répètent les mêmes scènes déchirantes de fleuve en furie, d’étendues d’eau boueuse d’où émergent vaguement les toits de pavillons, de terrains gorgés de pluie affaissés sur des maisons de bois incapables de résister. Et chaque fois, les secours en bateaux, hélicoptères, camions militaires s’activent mais arrivent souvent tard, à cause de difficultés d’accès aux zones submergées, parfois coupées du monde car situées dans des localités rurales et reculées.»

Face au désastre…

Résultat: «Ils découvrent des dizaines de morts dans les décombres ou sous la boue. Puis les rescapés, abasourdis, restent des jours, des semaines, dans des refuges et nettoient ce qui peut l’être avec des pelles et balais qui ne peuvent pas grand-chose face au désastre.» Au point que l’Asahi Shinbun conseille vivement à ses lecteurs de prendre des photos datées de leurs maisons endommagées comme preuves pour les assurances.

Et puis, il y a aussi ce satané Covid-19… «Nous ferons tout notre possible pour empêcher la propagation du coronavirus et rendre la vie aussi confortable que possible à ceux qui ont été contraints de quitter leur domicile, a déclaré à la presse Ryota Takeda, le ministre de la Gestion des catastrophes, après s’être rendu dans un gymnase de la ville de Hitoyoshi où 600 habitants sont hébergés», explique France 24.

Des travaux en retard

Le Mainichi Shinbun déplore pour sa part que des travaux d’endiguement prévus de longue date sur les cours d’eau qui ont débordé n’aient toujours pas été réalisés, malgré les précédents, déjà nombreux. Dans ce chaos, cet immense signe «SOS» a été dessiné sur le terrain d’une école élémentaire désaffectée de la ville de Yatsushiro, où une dizaine de personnes faisaient de grands signes en direction des hélicoptères des médias et des secours, à l’aide de serviettes blanches et de parapluies:


Retrouvez toutes nos revues de presse.