En septembre et en octobre de cette année, plus de 500 événements seront organisés à travers l'Europe, tels que salons, séminaires, conférences, ateliers... consacrés à l'emploi et visant à venir en aide aux travailleurs qui se déplacent dans l'UE. Dans le cadre des Journées européennes de l'emploi 2008, ces événements rassembleront un éventail d'organismes tels que les entreprises locales, les services publics et privés de l'emploi, les organisations de partenaires sociaux, les universités, les centres d'apprentissage et de formation ainsi que les Chambres de commerce. Plus de 200 000 personnes sont attendues à cette occasion.

Les Journées de l'emploi sont organisées chaque année afin d'expliquer aux employeurs et aux travailleurs les avantages de la mobilité de l'emploi au sein de l'UE, et afin de leur donner l'occasion de se rencontrer et de se parler. Elles leur permettent également d'entrer en contact avec le réseau de consultants «Eures», qui aide et conseille les demandeurs d'emploi désireux de diversifier leur expérience professionnelle et les employeurs qui recherchent les meilleurs professionnels, indépendamment de leur nationalité. En créant des liens entre ces deux groupes, «Eures» permet d'améliorer le fonctionnement du marché européen du travail, ce qui renforce le bien-être et la compétitivité des citoyens européens. Pourquoi la mobilité est-elle si importante?

Une grande majorité d'Européens associent l'idée de l'Union européenne à la libre circulation entre les Etats membres. La mobilité de l'emploi est également indispensable pour que l'Europe réalise ses objectifs de création d'emplois et de croissance. Aujourd'hui, le marché européen du travail offre de nombreuses possibilités et de nouvelles expériences aux travailleurs. Pour pouvoir saisir ces opportunités, les travailleurs doivent être plus mobiles, entre les emplois et entre les régions.

L'offre et la demande des travailleurs européens n'étant pas réparties de manière égale entre les pays et les régions, les pénuries de compétences dans des secteurs tels que la santé ou l'ingénierie ne peuvent pas toujours être comblées par le recrutement local. Dans ces circonstances, le renforcement de la mobilité géographique entraîne une meilleure adéquation entre les compétences et les emplois. Une main-d'œuvre plus mobile a un rôle de plus en plus important à jouer, notamment quand on sait que postes vacants et demandeurs d'emploi coexistent.

Le travailleur mobile typique est en général plus jeune et plus qualifié, et séjourne à l'étranger pour de courtes périodes. Ce type de travailleur peut offrir aux employeurs les compétences dont ils ont besoin, où et quand ils en ont besoin. La mobilité est souvent associée à un retour dans le pays d'origine et attire de plus en plus de personnes sans emploi, qu'il s'agisse de chômeurs ou de personnes à la recherche de leur premier travail. Les chiffres montrent que les personnes sans emploi qui déménagent dans un autre pays trouvent un travail plus rapidement que celles restées dans leur pays d'origine.

La mobilité de l'emploi est dès lors indispensable dans le marché du travail actuel. Beaucoup ont déjà réalisé que travailler dans un autre pays européen leur permet d'apprendre une nouvelle langue, de découvrir une nouvelle culture et d'acquérir de nouvelles compétences. Ils sont de plus en plus nombreux à saisir le potentiel de la mobilité. En cette conjoncture de difficulté économique, nous devons plus que jamais en tirer des enseignements et développer une réelle culture de la mobilité en Europe.

La mobilité doit devenir un élément naturel dans le parcours professionnel de tous les Européens. Des événements tels que ceux organisés à l'occasion des salons de l'emploi peuvent présenter la voie à suivre dans un premier temps. Les travailleurs et leur famille doivent avoir accès à des services d'assistance à tous les stades de leur expérience de mobilité, et la question du retour - c'est-à-dire la réintégration des travailleurs dans leur marché de l'emploi d'origine après une période de travail à l'étranger - doit être dûment prise en considération.

Dans ce contexte, je me félicite que les travailleurs provenant des pays qui ont adhéré à l'Union européenne en 2004 ne soient aujourd'hui confrontés à des restrictions qu'en Belgique, au Danemark, en Allemagne et en Autriche. Certaines restrictions visent encore les travailleurs de Bulgarie et de Roumanie, Etats membres depuis 2007. J'invite instamment les pays qui appliquent encore des mesures transitoires à y mettre un terme, car l'expérience de la mobilité développe non seulement les compétences et qualifications individuelles, mais donne aussi aux Européens un plus grand rôle à jouer dans la construction de l'avenir de leur continent.

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