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Migrants sauvés en mer par le navire Open Arms. Méditerranée, août 2018.
© AP / Valerio Nicolosi

Opinion

Plus ou moins de migrants?

OPINION. On parle souvent «d’appel d’air» lorsqu’on accepte le débarquement de migrants. C’est sans doute une vérité. Mais le nombre d’arrivants n’est pas du tout massif, estime Pierre-Marcel Favre

Les migrations, ce n’est bien sûr pas seulement l’actualité. Mais l’histoire de l’humanité! Sans les moyens de déplacement d’aujourd’hui, l’Homo sapiens s’est répandu sur une grande partie de la planète. Les «Indiens» d’Amérique sont venus d’Asie. Puis les Européens ont peuplé ce continent. Des Africains déportés sont devenus Américains. Si les Ottomans ont principalement dominé, les Arabes, eux, ont peuplé, entre autres, l’Afrique du Nord. Il y a bien sûr une multitude d’exemples de migrations. Avec quelques exceptions: les Japonais ne se mélangent pas et n’ont eu que des ambitions impérialistes, pas vraiment de colonisation.

Nous vivons une période très différente de celle de nos aïeux: une accélération démographique mondiale vertigineuse, exception faite de l’Europe et, encore une fois, du Japon. Les chiffres sont éclairants. L’Afrique des années 1900 rassemblait cent millions de personnes. On en compte aujourd’hui un milliard. Et ce sera le double dans une trentaine d’années… Nos villes étaient toutes blanches il y a quelques décades. Elles se sont colorées! Les Européens ne sont plus motivés à enfanter en suffisance pour renouveler les générations.

Le rapprochement est vite fait. Nos contrées ont de bonne chance d’accueillir encore de très nombreux migrants. Cela va-t-il réellement se passer? Dans l’affirmative, bien se passer? Sans doute non. Pour faciliter les choses, ne convient-il pas de se préparer à cette probabilité?

C’est plutôt modeste!

Mais abordons un point essentiel. Pour le moment, que représentent les migrations en Europe? Elles effraient passablement et pourtant elles sont quantitativement extrêmement modestes. La population européenne s’élève à 600 millions d’habitants, sans la Russie. Les chiffres d’arrivées des réfugiés et migrants sont les suivants ces dernières années: 1 015 078 migrants et 1 257 000 réfugiés en 2015 grâce à Mme Merkel, 362 753 migrants et 1 204 300 réfugiés en 2016, 172 301 migrants et 538 000 réfugiés en 2017. C’est plutôt modeste! Sachant qu’une partie des réfugiés seront reconduits.

Même si on peut avoir de grandes réserves quant à l’accueil des migrants, les chiffres parlent. S’il le faut, on peut faire beaucoup plus!

Dans le même temps, rien que les réfugiés syriens en Turquie sont au nombre de 3,7 millions, auxquels on doit en ajouter plus de 1,5 million au Liban, des centaines de milliers en Jordanie, etc. Au total, bien plus de 5 millions! Il faut rappeler encore qu’aux Etats-Unis il y a chaque année 675 000 émigrants autorisés. Il y aurait 11 millions de clandestins, dont 3 ou 4 millions de Mexicains, et ils seraient des centaines de milliers à parvenir à traverser la frontière chaque année. Déjà plus de 1,5 million de Vénézuéliens ont fui un pays jadis prospère, détenteur des principales réserves d’or noir du monde. Il y a sur notre planète 65 millions de personnes en exil, l’équivalent de la population française.

Quel appel d’air?

Même si on peut avoir de grandes réserves quant à l’accueil des migrants, les chiffres parlent. S’il le faut, on peut faire beaucoup plus! La Hongrie et d’autres pays de l’Est européen se cabrent. Leurs réflexes ultranationalistes les empêchent de voir les chiffres. De leur côté, admettons que les Italiens ne sont pas à mettre dans le même sac qu’Orban. Ils ont, eux, énormément accueilli et pendant longtemps.

On parle souvent «d’appel d’air» lorsqu’on accepte le débarquement de migrants. C’est sans doute une vérité. Mais encore une fois, le nombre d’arrivants n’est pas du tout massif. Les bateaux déversant des pauvres gens donnent l’impression de débarquements en Normandie. C’est spectaculaire. Mais ils n’amènent que quelques centaines de pauvres hères. De leur côté, les Africains à l’assaut des grillages de l’enclave espagnole de Ceuta au Maroc donnent l’impression d’une invasion de barbares. En réalité, c’est un événement plutôt rare. On comprend que tout cela dérange, mais je me dois de le répéter, 710 000 arrivées en 2017 dans un continent de 600 millions d’habitants.


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© Gabioud Simon (gam)