Présentés comme un gage de sécurité, les accords de Schengen/Dublin ont dépouillé la Suisse de ses prérogatives en lui empêchant notamment de contrôler systématiquement ses frontières. Cette construction théorique n’est pas crédible en raison de la perméabilité des limites extérieures de l’espace Schengen.

Cette perméabilité des frontières extérieures et l’absence de contrôles aux frontières intérieures incitent des migrants de toutes nationalités à rejoindre l’Europe. Parmi les migrants qui arrivent massivement sur le continent, seule une partie d’entre eux sont effectivement exposés à de sérieux préjudices dans leur Etat d’origine et peuvent être considérés comme des réfugiés. Aux personnes réellement persécutées s’ajoutent des migrants économiques désireux d’améliorer leurs conditions de vie générales. En 2015, les Syriens représentent moins du tiers des personnes entrant clandestinement en Europe. Enfin, d’après le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), il n’y aurait que 13% de femmes et 18% d’enfants parmi les migrants arrivant en Europe par la Méditerranée, ce qui n’est pas représentatif de la population civile des pays concernés.

La progression du nombre de demandes d’asile déposées en Suisse a de quoi inquiéter. En 2007, le nombre de demandes d’asile déposées atteignait 10 844, mais l’abandon d’une politique d’asile dissuasive a fait repartir à la hausse le nombre de demandes d’asile déposées. Entre 2008 et 2010, les demandes ont progressé de 50% pour atteindre les 16 000 par an, puis entre 2011 et 2014, les demandes ont continué à progresser pour s’élever à près de 24 000 pour l’année 2014. Pour 2015, il faut s’attendre à 30 000 demandes d’asile, soit le chiffre le plus élevé depuis 15 ans. Pourtant, d’après Dublin, un requérant d’asile doit être renvoyé vers l’Etat membre où il a premièrement transité. C’est à cet Etat qu’incombe le traitement de sa demande d’asile.

La Suisse a reçu proportionnellement deux fois plus de demandes d’asile par habitant que l’UE à 28 membres, tandis que les médias continuent de véhiculer l’image d’une Suisse peu solidaire. Les coûts de l’asile pour la seule Confédération s’élèvent à un milliard de francs, sans parler des coûts assumés par les cantons et les communes. L’exiguïté de notre territoire ne nous permet pas de loger davantage de requérants d’asile, ce d’autant plus que les structures d’accueil sont souvent déjà occupées par des NEM, des NEM Dublin ou des requérants déboutés. Il devient extrêmement difficile dans un canton comme Genève, où sévit la crise du logement, d’accroître l’offre de logements pour les migrants, alors que la population peine à se loger.

Aider les réfugiés dans leur région d’origine avec le concours de l’ONU permet d’obtenir, avec les mêmes moyens financiers qu’en Suisse, de biens meilleurs résultats. Cette solution évite les problèmes d’intégration rencontrés par les réfugiés en Suisse tout en facilitant le retour dans leur pays d’origine une fois le conflit terminé.

Céline Amaudruz est conseillère nationale (UDC/GE).

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