Conférence de conciliation

Le point d’orgue d’une législature dissonante

OPINION. Quand une législature s’achève, c’est un peu comme avant les grandes vacances des écoliers, note notre chroniqueuse, on oublie tout et on se prend dans les bras. C’est le moment qu’a choisi la droite pour passer en force et offrir des millions de francs aux plus riches familles du pays

Jeudi dernier, Palais fédéral, ultime soirée de la session. Le vin coule, les verres tintent, la musique retentit, on danse. De droite, de gauche, ensemble. Sur la piste, on oublie les faux pas de la législature. La droite économique esquisse un twist vers le climat et promet que le dérapage de la Réforme de l’imposition des entreprises III n’est plus qu’un mauvais souvenir. N’est-elle pas belle, cette politique suisse, une grande famille pleine de bon sens, qui unit ses forces pour célébrer le compromis, avec un sens aigu des minorités?

Le lendemain, de bon matin, salle du Conseil national, votes finaux. 132 élu.e.s des trois partis bourgeois passent en force avec une loi dénommée «Prise en compte fiscale des frais de garde des enfants par des tiers». En réalité, de frais de garde il est surtout question dans le titre. Le PDC a réussi à y ajouter une augmentation substantielle des déductions pour enfants. Ueli Maurer, ministre des Finances, résume le nouveau projet ainsi: «Un allègement fiscal pour les hauts revenus […] qu’on ne doit pas vendre comme une politique familiale». Fait rare, cette loi est allée jusqu’en conférence de conciliation, car le Conseil des Etats a tout fait pour l’empêcher. En vain.