Le 22 août dernier, les citoyennes et citoyens suisses apprenaient l’existence de l’«accord secret» entre la Chine et la Suisse: celui-ci permet à des fonctionnaires chinois d’enquêter, sans statut officiel, sur notre territoire. Ils sont même autorisés à mener des interrogatoires. Officiellement, le but est de déterminer l’identité des ressortissants chinois résidant de manière illégale en Suisse. Lorsque la nationalité de ces individus est déterminée, ils sont reconduits en Chine. Par ce biais, les employés du Ministère chinois de la sécurité publique aideraient le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) pour les rapatriements, les coûts étant tout de même à la charge de la Suisse. Comme si ces faits n’étaient pas assez alarmants, la Suisse ignore le sort de ces ressortissants une fois reconduits. Au vu de la réputation de la République populaire de Chine en matière de respect des droits humains, le fait que la Confédération se soit engagée dans un tel accord est incompréhensible et incompatible relativement à ses engagements découlant du droit international et ses garanties incluses dans son propre droit interne.

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