Un magnifique document de 50 pages visant la «cohérence» de la politique extérieure de la Suisse: le Conseil fédéral vient d’approuver une stratégie pour la région MENA (Middle East and North Africa): l’Afrique du Nord, la péninsule Arabique/l’Iran et le Proche-Orient – peuplée de 450 millions de personnes, si proche de l’Europe. Cinq priorités importantes y sont définies: 1) paix, sécurité et droits de l’homme, 2) migration, 3) développement durable, 4) économie, finances et science, 5) numérisation et nouvelles technologies. Dans son tour d’horizon, le document relève les conflits historiques, inter-arabes ou inter-religieux dans la région, «ainsi que le conflit au Proche-Orient». Dix ans après le «Printemps arabe», il relève «le bilan décevant»: «les espoirs de renouveau politique ont été déçus», et souligne avec raison le «défi omniprésent d’offrir des emplois à la jeune génération».

Rien sur la Russie

La mise en œuvre des nombreuses politiques et priorités se révèle, elle, peu critique, souvent proclamatrice, en retrait des principes généraux. Quand il évoque les «acteurs internationaux», le rapport relève que la Russie «s’est positionnée dans les conflits en Syrie et en Libye comme un interlocuteur incontournable», sans un mot des multiples interventions armées russes destructrices et désastreuses pour les populations civiles, tout en se félicitant quelques pages plus loin de l’ampleur de l’aide humanitaire suisse en Syrie.