Etre conseiller fédéral aujourd’hui n’est pas une sinécure. La pression est forte. Les critiques pleuvent de toutes parts, y compris de son propre camp. Cette semaine, l’UDC et le PLR ont ainsi attaqué vivement le gouvernement où ils détiennent pourtant la majorité. En politique, la trêve sanitaire est terminée et la perspective de la reprise parlementaire, le 4 mai, autorise tous les coups.

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Maurer et Parmelin lâchés

Les premiers à avoir été lâchés sont Ueli Maurer et Guy Parmelin. Les deux démocrates du centre jouent un rôle clé pour éviter une catastrophe économique. Insuffisant pour les ténors Christoph Blocher et Roger Köppel, qui ne cessent de houspiller l’action du gouvernement.

Premier parti du pays, l’UDC, une nouvelle fois, n’assume pas ses responsabilités gouvernementales. Elle a carrément lancé une pétition intitulée «Halte au confinement» en exigeant une réouverture de tous les commerces, y compris les restaurants d’ici au 11 mai au plus tard. Plus déconcertant, la présidente des libéraux-radicaux, Petra Gössi, suit la même ligne. Selon elle, le Conseil fédéral manque de stratégie. Ignazio Cassis et surtout Karin Keller-Sutter, dont le rôle est déterminant dans la gestion de cette crise, apprécieront. Des élus romands de ces deux formations sont eux aussi en total désaccord avec ce discours qui méprise l’ampleur de la pandémie en Suisse romande et au Tessin.

Qui est le parti de l’économie?

De telles attaques s’expliquent par la lutte que se livrent PLR et UDC: tous deux se revendiquent le parti de l’économie. Par ailleurs, ils sont conscients que les prochains mois s’annoncent très difficiles et ne veulent pas devoir assumer les conséquences de cette crise.

Si les choses se passent mal, les stratèges ont déjà trouvé leur bouc émissaire: Alain Berset. Absurde. Le socialiste est minoritaire dans un gouvernement majoritairement de droite.

Le retour de Levrat

A gauche, on n’est pas en reste. Christian Levrat a retrouvé la fougue de ses premières années à la tête du PS. Il multiplie les propositions pour financer la relance économique. Son objectif: prendre de vitesse tous les partis, y compris les Verts. La situation actuelle est l’occasion idéale pour les socialistes de regagner le leadership à gauche: les Suisses sont aujourd’hui davantage préoccupés par les questions sociales ou l’emploi que par le climat.

Le combat politique a donc repris de plus belle. Qui seront les gagnants et les perdants? Premiers éléments de réponse cet automne avec des élections cantonales dans le Jura et en Argovie.