S'il faut être réfugié, mieux vaut être Irakien. La pire des conditions, aujourd'hui en Syrie, c'est d'être Palestinien. Ils sont haïs à Bagdad, parque que Saddam Hussein les protégeait. Ils sont méprisés à Damas, parce qu'une longue cohabitation, dans le grand camp bidonville du sud de la capitale, a rendu acides les rapports avec les locaux. Plus de 15000 Palestiniens aimeraient sortir d'Irak. La Syrie n'en a accepté que 300. Des centaines d'autres attendent dans un camp à la frontière, et le Comité international de la Croix- Rouge s'occupe d'eux.

Le CICR, en Syrie, a une autre tâche étonnante: il fait le commerce des pommes. Il y a sur le plateau du Golan occupé par Israël beaucoup de bons pommiers, et à Damas beaucoup de consommateurs de pommes. Mais de l'un à l'autre, le chemin est difficile. Les délégués de Genève sont devenus les intermédiaires de cet échange impossible. Et pour certifier que le transport des fruits est absolument neutre (ce qu'exigeaient les Syriens), les chauffeurs des camions de pommes sont Africains, et les plaques des véhicules genevoises.

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