Dix jours après le début de l'offensive israélienne sur Gaza, les roquettes du Hamas continuent de tomber sur le territoire israélien. Et se pose désormais cette question: quel sera le coût humain d'une opération punitive dont les objectifs demeurent flous?

Si personne ne nie le droit d'Israël à se défendre, l'émotion internationale fait place à l'incompréhension face à la disproportion des frappes de Tsahal pour annihiler la capacité terroriste des artificiers du Hamas. Dans une langue de terre parmi les plus densément peuplées de la planète, chacune des cibles israéliennes est susceptible de se transformer en bavure. Succédant aux frappes aériennes, l'intervention terrestre s'est traduite par une plus grande proportion de victimes civiles. Et la troisième phase de l'opération, le ratissage, maison par maison, pour débusquer les militants du Hamas, devrait provoquer encore plus de morts.

Déjà soumis à un blocus économique depuis 18 mois, les 1,5 million de Gazaouis se retrouvent plus que jamais les otages de deux logiques extrémistes: l'éradication d'Israël prônée par le Hamas ou l'élimination par la force du mouvement islamiste (légitimé par les urnes) par l'Etat hébreu. Résultat: leur prison se transforme en champ de ruines. Aux maisons bombardées, s'ajoute dans cette guerre la destruction d'écoles, de mosquées ou de centres sociaux. Privée de chauffage, de lumière, d'eau, de farine et de soins médicaux dignes de ce nom, la population vit un cauchemar que dénoncent les organisations humanitaires alors que la communauté internationale est toujours aussi impuissante pour imposer une solution négociée entre les deux parties. «Il n'y a pas de crise humanitaire à Gaza», rétorquent les autorités israéliennes en réponse aux critiques internationales. Le message est bien reçu par des Israéliens qui semblent tout ignorer de la situation de Gaza, censure des médias oblige. Ce qui explique en partie le soutien massif de la population à l'intervention militaire. Dans cette guerre des images, les médias arabes relayent de manière tout aussi sélective le massacre d'enfants et les destructions de bâtiments civils. Et l'espoir d'une paix prochaine semble plus éloigné que jamais.

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