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Mike Hughes avant le décollage.
© James Quigg/AP

Astrophysique

Et pourtant, elle est ronde, la Terre

Les Flat Earthers considèrent que notre planète est plate. Ils sont de plus en plus nombreux aux Etats-Unis. L’un d’entre eux, pour en avoir le cœur net, s’est envolé à bord d’une fusée construite dans son garage

Si l’on considère que sa mission était de revenir vivant, elle est réussie. Ce n’est toutefois pas cette expédition-là qui permettra à l’Américain Mike Hughes d’atteindre son objectif: prouver que la terre est plate.

La scène peut paraître surréaliste. Dans le désert de Mojave, en Californie à quelque 300 kilomètres de Los Angeles, celui que certains prénomment Mad Mike a installé sa rampe de lancement. Il s’agit d’un mobile home transformé qui s’apparente plutôt à un empilement d’échelles sur lequel il a accroché la fusée qui lui permettra, une bonne fois pour toutes, d’établir la vérité. Dans la presse américaine, le sexagénaire s’explique: «Est-ce que je crois que la Terre a la forme d’un frisbee? Je crois que c’est le cas. Et comme je ne parviens pas à prouver le contraire, je veux aller dans l’espace pour en avoir le cœur net.»

Prodigieuse témérité

Samedi dernier, il voulait aussi mettre fin aux médisances. Car il n’en est pas à son premier essai. En 2014, l’homme, ancien chauffeur de limousine, avait déjà failli mourir dans l’explosion de sa machine. Et en novembre dernier, sa tentative de lancement a été reportée en raison, notamment, de problèmes logistiques avec le bureau de l’aménagement du territoire. Il y a donc quelques jours, le fait qu’il soit de nouveau prêt à se propulser dans les airs fait de lui, aux yeux du public, un être plus respectable pour sa témérité que pour son génie scientifique.

Filmée par deux commentateurs, tatoués jusqu’au cou et adeptes d’un langage plutôt familier sur la chaîne de TV en ligne Noize TV, son épopée entre terre et ciel ne dure qu’une minute. Un drapeau américain flotte dans les airs. Dans un nuage de fumée, la fusée avec l’aventurier casqué à son bord quitte le sol. Elle atteint 570 mètres d’altitude avant de déployer un parachute, puis un autre, pour ralentir sa descente sur le plancher des vaches.

«Il l’a fait!»

«Il l’a fait!» répètent les commentateurs rendus euphoriques par la scène et sans doute par quelques substances absorbées auparavant. «C’est un record Guinness!» L’engin s’écrase quelques mètres plus loin, et Mike Hughes en est extrait par ses assistants. Blessé au dos, couché sur une civière, il lâche alors à l’Associated Press: «J’en ai marre qu’on me dise que je me suis dégonflé et que je n’ai pas construit de fusée. Je l’ai fait! Je l’ai fait!»

En ce qui concerne ses recherches, il est pour l’heure trop tôt pour trancher. Sponsorisé par Flat Earth Research, un groupe qui soutient que la Terre est plate, Mike Hughes estime devoir atteindre une altitude plus élevée pour vérifier cette théorie. Sa prochaine fusée, baptisée «Rockoon», lui permettra d’arriver à ses fins.

Une communauté sceptique

On pourrait le prendre pour un original. Pourtant, il n’est pas le seul. Ses semblables, identifiés aux Etats-Unis comme les Flat Earthers, sont suffisamment nombreux pour nous faire croire à un retour à l’ère moyenâgeuse. Le 28 novembre dernier, en se basant sur des données de Google Trends, The Economist remarquait que les recherches contenant comme mots clés «flat Earth» avaient triplé en l’espace de quatre ans.

Il y a une année, Le Monde a aussi rapporté les propos interstellaires de certains joueurs de NBA soutenant que les preuves permettant de considérer la sphéricité de la terre comme une vérité demeurent trop maigres. Une discussion entre Kyrie Irving et ses coéquipiers reprise sur la toile a fait le buzz. Le joueur des Celtics dit ne plus avoir confiance en la science et invoque un droit à «l’individualité» intellectuelle. Ne faisant confiance que dans ses propres recherches, il remet en question les preuves apportées depuis l’Antiquité par les premiers astrophysiciens.

Arguments imparables

Shaquille O’Neal, lui-même, lui a d’ailleurs apporté son soutien. Pour le géant du basket, c’est assez simple. Selon lui, il est impossible que «la Chine soit au-dessous de nous» et, de plus, lors de ses allers-retours en voiture entre la Floride et la Californie, jamais il ne s’est retrouvé «à conduire de haut en bas ou à un angle de 360°». Toutefois, quelques jours plus tard le basketteur se sent obligé de s'expliquer. Affirmer que la terre est plate est une blague. Lui-même s'étonne du fait que ces paroles aient été diffusées si rapidement. Dans Basketsession, puis surCBS, il précise: «Sachez que quand Shaquille O'Neal dit quelque chose, c'est de l'humour 80% du temps. Quand je suis sérieux, ça se voit». 

Si néanmoins des doutes subsistent, L’Obs propose quatre moyens de vérifier si notre planète est bien ronde. Ce, sans nécessairement aller dans l’espace.

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© Gabioud Simon (gam)