Opinion

Poutine, nouvel acteur de l’imbroglio nord-coréen

OPINION. Après la rencontre entre Kim Jong-un et Vladimir Poutine, Pyongyang devra prendre en compte les intérêts russes en plus des chinois, réduisant sa flexibilité dans les négociations avec les Américains. Cela n’augure rien de bon pour 2019, écrit le professeur assistant en relations internationales Lionel Fatton

Un nouvel acteur est apparu dans l’imbroglio diplomatique autour de la question nord-coréenne. Vladimir Poutine a rencontré fin avril son homologue Kim Jong-un à Vladivostok, siège de sa flotte du Pacifique. Bien qu’il n’ait pas débouché sur un accord ou une déclaration conjointe, se limitant à de vagues promesses de collaboration, le sommet est d’une importance capitale pour la Corée du Nord, et dans une moindre mesure pour la Russie. Il risque aussi de compliquer les négociations entre Nord-Coréens et Américains, et 2019 se dessine déjà comme une année charnière pour les relations bilatérales.

Avec ce sommet, la Russie a réintégré le jeu des grandes puissances en Extrême-Orient, duquel elle avait été passablement absente depuis la fin des années 2000, caractérisée par la dissolution des pourparlers à six et la réorientation de sa politique étrangère sur ses flancs ouest et sud-ouest. En se rapprochant de la Corée du Nord, la Russie envoie un message aux Etats-Unis ainsi qu’à la Chine: il faudra désormais compter avec elle, c’est-à-dire être prêt à faire des concessions pour avancer sur le dossier nord-coréen.