A la onzième semaine de l’invasion russe de l’Ukraine, un décompte intermédiaire pourrait se résumer ainsi: anéantissement d’une cité de 450 000 habitants (Marioupol), conquête d’une grande ville (Kherson) ainsi que d’un couloir qui relie le Donbass à la Crimée, et extension des frontières avec l’OTAN de 1340 kilomètres. Si l’on fait abstraction du but proclamé d’une lutte contre le «nazisme» pour retenir l’objectif déclaré à mi-voix d’une intervention destinée à prévenir un encerclement de la Russie par l’Alliance atlantique, le bilan de Vladimir Poutine est spectaculaire. Il voulait neutraliser l’Ukraine. Il a déneutralisé la Finlande. C’est ce qu’on appelle une prophétie autoréalisatrice.