Les prix de l’énergie augmentent, les loyers aussi, le covid n’est jamais très loin, la guerre en Ukraine n’est pas près de s’arrêter, les primes maladie vont encore prendre l’ascenseur la semaine prochaine.

Les mauvaises nouvelles se succèdent. Le moral s’en ressent en ce début d’automne. Il y a un fort désarroi, une peur de demain. Face à ces incertitudes, le Conseil fédéral demeure aux abonnés absents. Les mesures fortes pour faire face à la crise énergétique n’ont toujours pas été annoncées. Aucune aide n’est prévue pour toutes ces personnes ou ces entreprises qui peinent à joindre les deux bouts. Le jeu de cache-cache entre Berne et les cantons repart de plus belle.

Heureusement que le Conseil national, lui, prend ses responsabilités. Tout d’abord la semaine dernière, il a contraint le Conseil fédéral à créer un état-major pour gérer la crise énergétique.

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Une telle décision aurait dû être prise par le gouvernement depuis longtemps, mais plus désuni que jamais, il n’agit que sous pression. Cela avait déjà été en partie le cas lors de la pandémie, puis pour les sanctions contre la Russie ou encore pour le vaccin contre la variole du singe.

Le même scénario s’est reproduit concernant le pouvoir d’achat. Le Conseil fédéral était opposé à toute aide à la population. Renvoyant une fois de plus la balle aux cantons ou arguant des finances fédérales en difficulté. Pour la seconde fois en une semaine, le Conseil national a permis de sauver la face. La majorité des parlementaires ont en effet soutenu deux mesures concrètes pour aider les plus défavorisés à passer un hiver moins anxiogène: l’adaptation des rentes AVS au renchérissement et l’augmentation de l’aide fédérale aux primes maladie.

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Ces deux mesures ont été adoptées grâce à l’union du Centre, des socialistes et des Vert·e·s. Face à eux deux blocs, l’un composé exclusivement de l’UDC et l’autre du PLR et des vert’libéraux.

A un an des élections fédérales, ce débat sur le pouvoir d’achat est riche en enseignements. Ainsi, du côté des formations centristes: l’ex-PDC se profile davantage sur les questions sociales, alors que les vert’libéraux se positionnent clairement à droite sur les finances publiques.

Les décisions de ce mercredi ne sont qu’une victoire d’étape. La balle est désormais dans le camp du Conseil des Etats, qui se prononcera la semaine prochaine. Théoriquement, les sénateurs devraient suivre leurs collègues du National, vu le poids important du Centre au sein de la Chambre des cantons. Toutefois, depuis le début de la législature, le Conseil des Etats soutient une politique très conservatrice.

De nouveau sous pression maximale, le gouvernement est très attendu ce vendredi. Le Conseil fédéral devrait enfin parler d’une seule voix, en l’occurrence celle de Guy Parmelin, et présenter une vraie stratégie pour affronter la crise énergétique.

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