Un simple toilettage de la loi sur l’organisation judiciaire? Que nenni. Le projet, actuellement examiné par une sous-commission du Grand Conseil genevois, ouvre une sorte de débat historique sur la fonction du procureur général et sur ses prérogatives de quasi-ministre au sein du troisième pouvoir. Plus que partout ailleurs en Suisse, le patron de ce parquet cantonal, dont la charge remonte à 1534, occupe une place cardinale dans les institutions. Elu par le peuple (ou tacitement si personne n'ose rivaliser) pour un mandat de six ans, rééligible plusieurs fois, son rôle a certes évolué au fil du temps, mais en conservant une importance et une aura particulières. Pourquoi vouloir y toucher en le privant de fauteuils stratégiques au sein de la gouvernance et de la surveillance de la magistrature?