Le 13 juin prochain, deux initiatives seront soumises au vote du peuple: l’initiative «Pour une eau potable propre» et l’initiative «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse». A première vue, ces deux initiatives ont de nombreux points communs, et l’objectif qu’elles visent paraît louable. A première vue seulement, car toutes deux encouragent les importations de denrées alimentaires. Aujourd’hui déjà, 75% de l’impact environnemental lié à notre consommation est généré à l’étranger.

L’initiative «Pour une eau potable propre» en particulier est une infâme tromperie. Elle n’a pas grand-chose à voir avec une eau propre ou une alimentation saine. Ses revendications ne portent que sur les paiements directs. Les paiements directs ne sont perçus que par les exploitations qui remplissent les «prestations écologiques requises» (PER). Il s’agit notamment d’exigences qui vont au-delà de la loi, comme l’obligation imposée à chaque exploitation de réserver une surface minimale pour la promotion de la biodiversité. L’initiative veut à présent lier l’octroi des paiements directs à deux autres conditions draconiennes. La première est l’interdiction d’utiliser des pesticides. Les pesticides peuvent être d’origine synthétique ou naturelle. Il ne fait donc aucun doute que l’initiative concerne aussi les produits utilisés dans l’agriculture biologique.