Tous types de drones confondus, on en compte une dizaine de millions de par le monde. Quatre cent mille ont été vendus en France cette année!

Il y en a de fort utile. Pour amener en quelques secondes une bouée à un nageur en perdition, par exemple. Ou un drone médical qui convoie une poche de sang ou des médicaments d’urgence jusqu’à un centre de soins, éloigné de Kigali, la capitale du Rwanda.

Les propriétaires rarement identifiés

La maîtrise de ces hélicoptères miniatures télécommandés n’est pas extrêmement complexe. On l’a vu avec le survol de grandes villes, en particulier à Paris: les propriétaires des engins sont rarement identifiés. Il est clairement facile de faire survoler, voire attaquer des capitales, des centrales nucléaires, ou pire, des foules comme dans un stade. Sans se faire prendre. Ou trop tard. Il y a donc un danger considérable.

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En Europe, il est peu probable que des terroristes puissent obtenir de véritables drones de guerre et en faire usage. Trop grands, trop chers, trop complexes. Mais rien n’est impossible…

En tout cas, ces drones militaires fabriqués et utilisés massivement par les Etats-Unis ont tué des milliers de terroristes avec des frappes dites «chirurgicales». Et pas mal d’innocents vivant à proximité de leurs cibles, au «mauvais endroit». En Afghanistan, au Pakistan, en Irak, en Syrie et ailleurs…

Daesch a renversé la situation

Le général Mike Flynn a même déclaré: «Quand on lâche une bombe avec un drone, on fait plus de dommages qu’on ne fait de bien.» Il estime même que les interventions en Irak et l’usage imprécis de drones ont pu contribuer à la création du groupe Etat islamique. Le 20 octobre de cette année, un drone piégé (comme ceux disponibles dans le commerce) pourrait être à l’origine de l’attaque qui a grièvement blessé deux commandos français à Erbil, en Irak, et tué deux Peshmergas kurdes.

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Daech a renversé la situation! Après en avoir été victimes, les terroristes de l’Etat islamique utilisent des drones en mission de reconnaissance. Ils sont de grands amateurs de nouvelles technologies. Si un quadriloptère a pu, il y a déjà trois ans, se poser au pied de la tribune d’Angela Merkel, il lui est possible d’être encore plus «performant» aujourd’hui.

Que faire contre les dangers imminents?

Un drone standard ne peut voler qu’une demi-heure et ne peut porter que quelques kilos, mais cette technologie progresse constamment. Les drones sont extrêmement rapides. Presque indétectables. Leur signal est difficile à brouiller. Certains engins peuvent transporter deux ou trois kilos de charge explosive, qui pourrait être une bombe, une grenade, ou encore des produits chimiques. Et ils sont extrêmement bon marché: maximum quelques milliers de francs.

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Que faire contre ces dangers, peut-être imminents? Bientôt le fusil à drone: après nombre de situations scabreuses, le gouvernement français a mandaté plusieurs industriels pour construire un premier fusil anti-drone qui brouille les communications entre la machine et son pilote. Ce qui amène le drone à se poser. Mais bien sûr, cela ne résout pas tout: si le drone est armé d’une bombe, il reste fort dangereux. La principale parade, hélas, n’est que la prévention. Repérer et arrêter les groupuscules qui sont prêts à passer à l’action.

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On risque encore d’entendre parler de ce nouveau vecteur, à la base utile ou ludique, mais qui pose un sacré problème d’intrusion dans la vie privée, en particulier pour les propriétaires de villas. Une partie des drones peuvent être extrêmement menaçants, quand ils se trouvent entre les mains d’extrémistes, en particulier islamistes, prêts à tout.


Pierre-Marcel Favre, éditeur

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