Revue de presse

Les premières photos de la Lune en gros plan arrivent le 31 juillet 1964

Chaque jour de l’été, «Le Temps» se plonge dans ses archives pour évoquer un événement historique marquant. Ce vendredi, le 53e anniversaire de la moisson d’images récoltée par la sonde américaine Ranger 7, qui ouvrait la voie vers le premier pas de l’homme sur l’astre sélène

Il y a 53 ans, la sonde spatiale américaine Ranger 7, lancée le 28 juillet, transmet vers la Terre les premiers gros plans photographiques de l’astre sélène. Pour Alain Schärlig dans le Journal de Genève du 1er août 1964, cette réussite «représente le premier pas de la conquête humaine de la Lune». Et une réelle innovation, puisque l’engin avait «pris des photos que le meilleur télescope de la Terre était dans l’impossibilité de réaliser» et que cet exploit avait été précédé de plusieurs retentissants échecs.

Objectif: 1970. A moyenne échéance, il s’agissait de réaliser un projet bien précis, fixé par la Maison-Blanche. Celui-ci aura en fait lieu cinq ans plus tard, en 1969, avec la mission Apollo 11: «Pour concevoir la fusée qui déposera des hommes sur la Lune, il faut connaître le terrain d’atterrissage à moins d’un mètre près!»

Lire aussi: «Le Temps» fête ses 18 ans en retournant marcher sur la Lune

«Les Américains paraissent» donc «dorénavant en mesure de réaliser ce projet […] de débarquement sur la Lune qu’avait lancé le président Kennedy», en conclut René Lombard trois jours plus tard dans la Gazette de Lausanne. Et l’opération, selon lui, «a certainement contribué à faire rattraper à l’Amérique le retard qui la séparait des Russes en matière spatiale», avec ces savants soviétiques qui étaient déjà parvenus, en 1959, à transmettre quelques photos lunaires de piètre qualité.

Schärlig compare aussi «l’Est et l’Ouest», en faisant remarquer que des échecs des Soviétiques «ne nous seraient […] pas connus», avant que ceux-ci ne livrent des images très «globales», transmises «très lentement». De toute manière, la compétition continue de part et d’autre du Rideau de fer, et «tout n’est peut-être pas dit dans la course à la Lune», écrit Lombard: «On peut même se demander s’il convenait de crier déjà victoire à Washington.»

Alors que Ranger 7 termine sa mission en s’écrasant sur le sol de l’astre nocturne, le journaliste fait remarquer que «feu John F. Kennedy […] eût évité […] d’insister sur le caractère compétitif de l’expérience, en donnant au succès d’aujourd’hui une allure conquérante d’une valeur quasiment stratégique». Et pendant ce temps-là, à la Maison-Blanche, Lyndon Johnson se prépare à la présidentielle. Il entend instaurer une «nouvelle frontière». Il n’hésitera sans doute pas, conclut la Gazette, «à promettre, positivement, la Lune».


Episode précédent:

Publicité