«Une icône pop branchée qui réécrit les règles de la célébrité.» Au lendemain du sacre de Billie Eilish lors de la 62e cérémonie des Grammy Awards, les agences de presse n’ont pas hésité à dégainer la carte de l’hyperbole. Il faut dire que la chanteuse californienne, 18 ans depuis décembre dernier, a raflé quatre trophées, dans quatre des plus importantes catégories. Personne n’avait réussi pareil exploit si jeune.

A ce stade, si vous ne connaissez pas Billie Eilish, vous êtes probablement plus proche de la perplexité que de l’admiration. Pareil hold-up ne peut s’expliquer que par un hyperformatage: la jeune Américaine doit être un produit, une artiste façonnée par une industrie du divertissement qui ne sait plus trop quoi faire pour inventer de nouvelles stars. Avant, une carrière se construisait sur le long terme: moins s’exposer pour mieux durer. Dorénavant, c’est la surexploitation qui prime: occuper l’espace quitte à se griller.