Un jour aura lieu une prochaine élection au Conseil fédéral. Et le PDC sera sollicité. C'est ce que l'on entend, ce qu'on lit partout depuis quelque temps, surtout autour de l'élection de Pascal Couchepin. C'est vrai, nous sommes interpellés. Pour moi, il est clair qu'une candidature unique n'apportera rien de plus. Mais, dans tous les cas, une femme au moins devra se porter candidate. Nous le savons déjà. De qui s'agira-t-il? Nous ne le savons pas. Il existe un certain nombre de femmes susceptibles de remplir cette fonction – et nous aurons l'embarras du choix.

A l'embarras du choix s'ajoute l'obstacle de la conviction. Tout d'abord, la candidate devra être sûre de vouloir devenir conseillère fédérale. Cela exige qu'elle organise sa carrière avec précision. Une notion qui reste étrangère aux femmes. Nous menons une politique réaliste, et les hommes une politique de carrière: voilà ce que nous avons pu lire dans la presse. De ce point de vue, nous avons beaucoup à apprendre des hommes. Car il ne suffit pas de réfléchir épisodiquement à sa carrière. Celle-ci doit se trouver au centre du quotidien politique.

Nous, femmes du PDC, allons y travailler. A quel réseau dois-je appartenir? Qui vais-

je soutenir? Quelle ligne politique est-ce que je représente? Quelles exigences dois-je mettre activement en avant? A toutes ces questions, les femmes du PDC trouveront des réponses qui non seulement ne trahiront pas leur conscience, mais satisferont en plus à l'objectif de devenir conseillère fédérale.

Nous devons également accomplir un travail de persuasion au sein du Parlement. Les femmes du PDC demandent depuis un certain temps que leurs consœurs soient spécialement encouragées et soutenues. Ce qui ne signifie pas qu'il faut promouvoir les compétences des femmes – celles-ci les ont acquises depuis longtemps et continuent à y travailler. Le problème est que, pendant longtemps, des politiciennes capables ont été négligées. Mais dès aujourd'hui, les femmes doivent être représentées sur toutes les listes électorales. Leur nom ne peut plus simplement figurer n'importe où. Elles doivent être positionnées de manière optimale. En outre, ces femmes doivent se faire connaître dans la vie publique.

Evidemment, les femmes du PDC se sont efforcées de paraître dans les médias. Mais le parti devrait utiliser ses relations avec la presse pour présenter à un plus large public les femmes compétentes et politiquement actives. Cela vaut également pour les manifestations et débats, où les femmes pourraient se profiler. Il n'est pas rare que ces réunions ne comptent que des hommes. A l'avenir, cela ne sera plus possible.

Mais une meilleure publicité ne garantit pas à elle seule l'élection des femmes. Nous en avons fait l'expérience une fois de plus dernièrement, dans le canton de Nidwald. Les électrices et électeurs doivent être persuadés que les hommes ne sont pas meilleurs politiciens que les femmes.

Je crois que nous ne pouvons pas attendre d'en avoir convaincu tous les citoyens. C'est pourquoi, il est nécessaire de discuter sérieusement de la question des quotas. Il me semble que seule la solution des quotas permettra aux femmes d'occuper la place qui leur revient de droit sur la scène politique. C'est un vieux débat, mais il a conservé toute son actualité. Il est nécessaire que les hommes transmettent leurs responsabilités aux femmes. Les quotas offrent une véritable opportunité de répartir plus équitablement le pouvoir. Les femmes constituent 51% de la population, c'est pourquoi elles doivent également être clairement représentées dans les assemblées qui décident du destin de la Suisse.

L'expérience a montré que les femmes peinaient à financer leur campagne électorale. Les femmes du PDC sont généralement des mères de famille ou travaillent à temps partiel. Elles ne disposent pas de contacts intensifs avec l'économie lucrative leur permettant de débloquer des fonds. C'est pourquoi il n'est plus possible de mener une opération électorale à ses propres frais. Il est indispensable que des moyens soient octroyés aux femmes en priorité, afin de financer leur campagne.

Il ne suffit pas de faire connaître les femmes, encore faut-il convaincre les électrices et électeurs que les femmes sont des politiciennes compétentes. C'est à cette condition seulement que nous pourrons nous présenter, et faire clairement comprendre qu'il n'est plus possible de «politicailler» sur notre dos.

Traduction: Fabienne Girardin

Le texte original a paru

dans le «Tages Anzeiger» du 21 mars.

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