Enfin! Voir des Américains sortir en masse dans les rues, s’embrasser, laisser exploser leur joie, klaxonner: quelles scènes incroyables! La liesse inouïe qui s’est emparée d’une partie des Etats-Unis démontre à quel point la fin de la parenthèse Trump était attendue.

Lire aussi:  Le jour où l’espoir est revenu aux Etats-Unis

Après un président autocrate qui a érigé indécence et vulgarité en instruments de pouvoir et s’est rendu coupable de saillies incessantes contre les institutions et valeurs démocratiques, Joe Biden devrait incarner une certaine sérénité. Un retour à la normale. Il se pose en rassembleur et pacificateur, celui qui veut «restaurer l’âme de l’Amérique» et mettre fin à une «sinistre ère de diabolisation». Un homme sans colère ni rhétorique incendiaire.

Lire encore:  La transition, moment clé pour l’appareil d’Etat américain

Bâtisseur de ponts

Sa tâche ne sera bien sûr pas évidente. Il hérite d’une Amérique plus divisée qu’il y a quatre ans, en proie à une grave crise sanitaire, économique et sociale. Une Amérique polarisée, scindée en deux camps. Joe Biden a promis de s’attaquer à la pandémie de Covid-19. Il a promis aussi que les Etats-Unis rejoindraient l’Accord de Paris sur le climat, réintégreraient l’OMS et tendraient de nouveau la main à l’Europe. Mais sur le plan intérieur, il devra peut-être composer avec un Sénat qui restera à majorité républicaine, et près de 71 millions d’Américains qui ont voté pour Donald Trump. Le trumpisme n’est pas mort.

Lire égalementLe «blitz» juridique de Trump fait de moins en moins peur

Par ailleurs, Joe Biden n’est, il est vrai, pas non plus des plus charismatiques et enthousiasmants. Des interrogations sur son âge et son état de santé – il aura 78 ans le 20 novembre – sont légitimes. Mais il a cette capacité de restaurer la confiance. A travers sa longue expérience au Sénat, il a su démontrer qu’il était un bâtisseur de ponts, capable de compromis.

Surtout, il a déjà à son actif une décision majeure, qui contribue à redonner de l’espoir au sein d’une Amérique meurtrie par quatre années de turbulences. Celle d’avoir choisi la pugnace Kamala Harris comme colistière, et d’en faire la première Américaine à accéder à la vice-présidence. Une femme noire et fille d’immigrés, qui incarne une certaine modernité. Le symbole est fort. Il l’est d’autant plus que Joe Biden s’est parfois présenté comme un président de la transition, qui pourrait ne faire qu’un seul mandat.

Sur le même sujetRestaurer l'âme de l'Amérique, la mission de Joe Biden et Kamala Harris

Ce choix-là pourrait donc marquer les Etats-Unis encore longtemps. Alors, oui, réjouissons-nous et saisissons ce moment historique! Avec Joe Biden et Kamala Harris, un nouveau vent d’optimisme, de tolérance et de respect déferle sur l’Amérique. Il a commencé à souffler très fort ce week-end. Il était temps.

Retrouvez ici tous nos articles: Une présidentielle américaine