Octobre, la pluie, les prunes, les Prix Nobel et, tous les quatre ans, le suspense haletant de l’élection présidentielle dans la première puissance du monde. Le monde entier, à ce moment-là, s’investit à l’égal des électeurs américains dans l’une ou l’autre des candidatures en finale. Les paris sont élevés, politiquement, économiquement, et sentimentalement. Tout événement susceptible de les dévier est espéré ou craint selon les goûts. On l’appelle «la surprise d’octobre». L’irruption du Covid-19 dans le corps du candidat Donald Trump en est une. Comment influencera-t-elle le mouvement de l’électorat? A l’heure où j’écris, Donald Trump surjoue Donald Trump: «Je quitterai le formidable centre médical Walter-Reed aujourd’hui à 18h30 précises. Me sens vraiment bien. N’ayez pas peur du covid. Ne le laissez pas dominer votre vie. Nous avons développé sous l’administration Trump des médicaments et des connaissances vraiment formidables.»

Un poncif états-unien

Quatre ans plus tôt, le 28 octobre 2016, les coings sont mûrs dans les vergers quand le chef du FBI, James Comey, rouvre une enquête, pourtant close en juillet, sur la légalité de la messagerie privée utilisée par Hillary Clinton pendant qu’elle était secrétaire d’Etat. A cette date, le vote populaire est pour Clinton mais elle n’a pas encore le nombre suffisant de grands électeurs dans les Etats. Elle ne les aura pas. James Comey y est peut-être pour quelque chose. Il sera limogé au printemps suivant à cause de ses enquêtes sur les liens de la campagne de Trump avec la Russie.