Revue de presse

Dans la presse, l’ombre de Khashoggi ne cesse de grandir

Les médias reviennent massivement sur ce que l’assassinat du dissident et journaliste saoudien à Istanbul, il y a tout juste un an, a changé. Pour beaucoup, son destin scelle aussi celui du prince héritier Mohammed ben Salmane

«Voilà, voilà… Regardez qui prend des pubs pleine page dans le Wall Street Journal, pile un an après le meurtre et le démembrement de Jamal Khashoggi?» Et en bas de la photo qui accompagne le message de ce journaliste américain sur Twitter, une photo splendide, une route en bas d’un gigantesque canyon roux: le nom de l’Arabie saoudite. «On me dit que cette pub apparaît aussi dans USA Today, et sur YouTube», continue le journaliste. «Il y a aussi eu une campagne sur Instagram», répond un autre twitteur. «Quelle honte pour le WSJ!» condamne un troisième. Le New York Times était revenu il y a quelques jours en détail sur cette volonté du royaume de s’ouvrir au tourisme avec un nouveau programme de visas.

C’est pourtant une tout autre image de l’Arabie saoudite qui s’impose dans les médias aujourd’hui. Un an après le meurtre épouvantable du journaliste saoudien dans le consulat d’Istanbul, toute la presse baigne dans son ombre géante. Des opérations spectaculaires ont été montées par Reporters sans frontières pour qu’on n’oublie pas. Des dizaines de mannequins démembrés ont ainsi été déposés devant le consulat d’Arabie saoudite à Neuilly-sur-Seine, près de Paris.