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Parmi les supporters de Nicolas Sarkozy, 20 novembre 2016.
© ERIC FEFERBERG

Revue de presse

Primaire de la droite française: ce que retiennent les médias européens

Plus que sur la victoire de François Fillon au premier tour de la primaire de la droite, la presse des pays voisins de la France insiste sur l’élimination «humiliante» de l’ex-président de la République, Nicolas Sarkozy

«Un petit tour, et puis s’en va, titre à la une Le Quotidien jurassien. Pourtant, «il avait l’appareil, le parti, des militants qui l’idolâtrent». Cela n’a pas suffi, et de loin: «Il a perdu. Voilà le constat, sans appel, de la Tribune de Genève et de 24 heures, après que François Fillon a «assommé au finish ses rivaux de droite», selon la formule de La Liberté de Fribourg. Nicolas Sarkozy, 61 ans, a été éliminé au premier tour de la primaire de la droite et du centre» en France, en vue de la présidentielle du printemps 2017. Pour «les sympathisants de droite, les centristes et près de 15% d’électeurs de gauche», […] l’homme à abattre, c’était lui: […] le président qu’ils ont détesté tout au long de son mandat.»

Son ancien premier ministre l’a emporté avec «bravoure», dit la Neue Zürcher Zeitung, et l’ex-président n’a plus qu’à «prendre congé»: c’est un plébiscite «contre lui». Maintenant, place au changement de vie, «cambio vita», résume La Repubblica. Si la presse alémanique s’intéresse en réalité davantage au quatrième mandat annoncé d’Angela Merkel, le Tages-Anzeiger parle tout de même d’une «gifle retentissante» pour un Nicolas Sarkozy, «visiblement très marqué» aux yeux de Courrier international.

Bien peu de différences avec Marine Le Pen

Même chose en Allemagne, où les intentions futures de la chancelière sont hiérarchiquement bien plus importantes dans le traitement de l’information. Ce qui n’empêche pas la Süddeutsche Zeitung d’en déduire que la carrière de «Sarko» est «terminée», comme il l’a d’ailleurs laissé entendre lui-même. Elle traduit: «Au revoir an alle!» «Nouvelle surprise sortie des urnes», «nouvelle déroute des sondages»: Die Welt pousse un peu plus loin l’analyse en écrivant qu’il n’y a que «les maniaques du détail» qui voient une différence entre son programme et celui de Marine Le Pen. François Fillon récolte ainsi les fruits d’un quinquennat «loyal» où il a «agi» alors que son président «décidait» ou «gesticulait».

Le minisondage en ligne lancé par L’Avenir belge le dit clairement, à la question: «Que retenez-vous de cette primaire de la droite en France?», 65,62% des internautes répondent «la gifle pour Nicolas Sarkozy»; 23,56% «le plébiscite pour François Fillon»; 10,82% «le faible score réalisé par Alain Juppé».

Or, relève Le Soir, la victoire de Fillon est «celle de la tortue plutôt que du lièvre». Et de relever: «Mais Fillon trace malgré tout son sillon. Il s’affirme dans les débats télévisés et enclenche sa dynamique. Cette semaine, il dira encore avec la même assurance qu’il gagnera le tour final. Mais cette fois, plus personne n’ironisera.» Pour La Stampa de Turin, c’est «un séisme» qu’on n’arrêtera pas, alors que le Corriere della Sera parle de «ballottage» entre les deux premiers arrivés.

Le triomphe du «Thatcher de la Sarthe»

Face au «triomphe du Thatcher de la Sarthe», La Libre Belgique se fait un malin plaisir de mettre en ligne sur son site la vidéo comique de BFMTV où l’on voit qu’«il y avait du monde dans son bureau de vote, beaucoup de monde, mais Nicolas Sarkozy n’a pas fait la file». Il a passé devant tout le monde. On ne résiste donc pas à vous la montrer aussi, escortée de ce commentaire d’un internaute du quotidien belge: il «n’a pas d’éducation. On le savait déjà. C’est d’ailleurs une parmi les très nombreuses raisons de son élimination»:

Outre-Manche, le Daily Telegraph s’étonne de ce «crash», mais indique que l’ex-président l’a pris avec «beaucoup de grâce» en déclarant devant sa femme et ses enfants qu’il «ne devait pas être drôle tous les jours de vivre avec quelqu’un qui suscite tant de passions». «Le rejet» n’en est pas moins «humiliant», pour le Guardian, après que le candidat déchu eut «mené une campagne basée sur l’identité nationale française, discriminatoire envers les musulmans et les autres minorités».

«Le meilleur candidat»

The Independent relève plutôt, lui, que «la droite et le centre se préparent à la prochaine bataille qui sera avec Marine Le Pen», avant de rappeler que «Fillon est un admirateur de l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher, profondément libérale sur les questions économiques dans un pays où l’interventionnisme d’Etat est largement défendu, et le plus prorusse des trois candidats finalistes».

El País, enfin, livre une analyse plus politique en soutenant que «la droite française a choisi son meilleur candidat pour barrer la route à Marine Le Pen», mais également que c’est au prix d’une «fin de carrière humiliante» pour le président des Républicains. «Il y avait beaucoup d’épées de Damoclès» au-dessus de sa tête, notamment en matière juridique, rappelle le quotidien madrilène.

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