France

Primaire de gauche maladroite et résultats chaotiques

Cafouillage autour des chiffres, taux de participation décevant, déclarations à l’emporte-pièce, les réseaux sociaux ne sont pas tendres avec le PS

Un tweet, issu d’un faux compte de Nicolas Sarkozy, a beaucoup circulé dimanche et lundi sur les réseaux: «On en arrive à un point, où il y aura eu plus d’électeurs de gauche qui auront voté à la primaire de la droite qu’à la #PrimairesGauche». Un message qui donne le ton moqueur, parfois exaspéré, de la toile sur le premier tour de la primaire socialiste qui s’est déroulé dimanche et qui a placé Benoît Hamon en tête devant Manuel Valls, provoquant l’élimination d’Arnaud Montebourg.

Pourquoi moqueur? Parce que le fake signé Sarkozy n’est pas très loin de la vérité. Avec une participation définitive non encore communiquée, mais qui devrait s’établir aux environs de 1,5 million, le contrat n’a pas été totalement rempli. C’est bien inférieur aux 2,7 millions de votants de la primaire socialiste de 2011 qui avait vu émerger François Hollande, et loin, très loin des 4,3 millions d’électeurs du premier tour de la primaire de la droite. Ce qui fait dire à @hugohanr: «Au moins une courbe que le PS a réussi à inverser; celle de la participation». Cruel aussi, ce message de @DarkVador: «Ce moment gênant où tu réalises que Cyrille Hanouna a 2 fois plus de followers qu’il y a eus de votants à la #PrimairesGauche.»

Mais plus encore que ce score modeste, c’est le cafouillage autour des chiffres qui a énervé la toile. «Quand il y a flou, il y a loup», disait Martine Aubry en 2011. Tout au long de la soirée, le parti socialiste, ainsi que la Haute autorité, ont eu tendance à gonfler les chiffres. Dimanche soir, Jean-Christophe Cambadélis se réjouissait même d’un taux frôlant de participation frôlant les 2 millions.

Bugs sur bugs

Mais lundi matin, la haute autorité des primaires citoyennes était incapable de donner le nombre précis de votants alors que subsistait un doute sur le nombre de bureaux ouverts. Sans compter cette autre question qui a troublé les réseaux sociaux: pourquoi, alors que les estimations n’ont cessé de varier depuis dimanche soir, les scores des candidats, eux, n’ont pas bougé d’un iota? Christophe Borgel, président du comité d’organisation de la primaire, se défend de tout bidonnage: «Il y a eu bug sur bug»

Gonfler n’est pas tricher

Pour ne pas arranger les choses, certaines déclarations ont mis le feu aux poudres, comme celle de ce cadre du PS: «S’il y a de la gonflette, ce n’est pas de la tricherie. Attention aux mots! Tricher, c’est modifier les rapports de force.» Tous ces couacs font jaser les réseaux sociaux. Les détracteurs de la gauche parlent de tricherie, de fraude et de bourrage d’urnes, tandis que ses sympathisants parlent d’un amateurisme coupable et d’un manque de transparence indigne. Le PS n’a pas gagné en crédibilité ce week-end. Mais la phrase la plus assassine revient au porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbières: «Le PS échoue à toutes les élections depuis 2012, même celles qu’il organise.»

Avant l’épisode du cafouillage, la toile s’était moquée de l’argument invoqué pour justifier la faible mobilisation: le froid. Certains allant jusqu’à dire que ce vent sibérien était le fait de Vladimir Poutine, désormais l’homme qui fait les élections.

Arrivé deuxième, alors que les sondages le donnaient favori, Manuel Valls reste la tête de Turc des réseaux sociaux qui parlent d’une deuxième gifle, après celle reçue la semaine dernière par un activiste breton.@Monty_Brogan69: «La seule question c’est de savoir si Valls va encore porter plainte pour la deuxième gifle électorale qu’il va prendre?». Pendant ce temps une vingtaine d’internautes jouant les Pythies ont annoncé le résultat du second tour: Benoît Hamon 50,7% et Manuel Valls, 49,3 (cet article de loi que l’ex-premier ministre a tant utilisé).

Enfin, pour terminer sur une note optimiste, @miKchu_m, nous dit ce qu’il faut retenir de ces primaires de gauche: «Bennahmias avec 1.01% des voix a fait un meilleur score que Jean-François Copé.»

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