Revue de presse

Le prince William, Kate et la marquise sortie du labo médiatique

Voici la fable de l’odieuse rumeur, mais il n’y a pas de fumée sans feu, qui secoue encore un peu davantage un royaume déjà bien ébranlé par toutes les horreurs du Brexit. Ames sensibles s’abstenir

Il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas le savoir. Ces jours-ci, les observateurs de la maison royale d’Angleterre ont les yeux rivés sur l’imminente venue de la progéniture du prince Harry-le-préféré-de-la-reine et de la désormais affreuse-Meghan-si-dépensière-et-que-l’on-adore-aujourd’hui-détester-après-l’avoir-portée-aux-nues… Seulement voilà, tout cela paraît déjà si dépassé… C’est dramatique. Jugez-en, et ne dites pas que Le Temps ne s’intéresse pas aux choses sérieuses. Enfin.

Oui, il est temps de lever le voile sur l’innommable. D’aller guigner un peu sans préjugés sous les couettes d’outre-Manche, nom d’un p’tit fellow! Car le magazine In Touch Weekly, explique Gala, a publié il y a environ un mois une horrific story qui détourne les mêmes observateurs de l’essentiel, donc de la cigogne qu’on dit déjà embarquée sur le ferry. Figurez-vous, non mais figurez-vous que c’est le très clean héritier de la couronne, le futur oncle Bill, qui attire les regards gorgés de honte sur lui…

Un mois que ça dure…

#MeToo, il connaît, ou bien? Pfff. Non, ce garçon pas très malin aurait trompé la duchesse, la non moins très clean Kate, mère de ses trois enfants, et cela se serait su. Boum. Bien qu’In Touch soit «connu pour ses fake news, des faux scoops qui décrédibilisent» ses contenus et son wording, ses ordurières insinuations ont «pourtant [été] largement reprises» dans la presse tabloïd de la perfide Albion. The Sun,Mirror et le Daily Mail en ont fait leurs choux gras. Depuis un mois maintenant, donc, un des couples les plus célèbres du monde «affronte une rumeur d’infidélité» qui l'«ébranle»…

A l’origine de cette bien sale affaire, Rose Hanbury, ex-mannequin et marquise de Cholmondeley, qui jouerait un rôle très trouble auprès du couple très princier dont elle est censée être une voisine très amie si l’on se réfère aux très nombreuses photos publiées par Femme actuelle. Enfin, ex-amie, parce que tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a maintenant suffisamment d’eau dans le gaz pour qu’il vaille mieux se tenir sagement éloignés les uns des autres.

Si odieux, si faux…

«Kate et William ignorent généralement ce genre de rumeurs», a déclaré une source au site HollywoodLife.com, «mais celle-ci […] est si odieuse et si fausse [qu’ils] ne pouvaient pas» l’ignorer, cette fois. Si «la presse anglaise a présenté Kate comme une femme humiliée, choquée par des insinuations alors qu’elle fête ses huit ans de mariage, le fils de Charles et sa femme se préoccupent aussi pour la jeune femme», en bon (ne) s princes (ses), dont la réputation est désormais ruinée par le purinesque «déballage public».

Pire encore, le serpent aurait rampé et traîné son venin jusqu’au trône de Madam, puisque «la grand-mère de Rose était très proche de la reine Elisabeth II». Celle-ci avait «assisté au mariage de Kate et William» et elle avait aussi participé aux noces de la reine avec Philip, futur duc d'Edimbourg et prince consort, en… 1947. On mesure mieux l’étendue de l’ignominie, qui vise à saper des décennies d’histoire glorieuse, parée de lys blancs et de quelques faux pas commis sur la fin du XXe siècle…

C’est comme ça, mais la sauce au jus de scorpion éclabousse tout ce que le pays compte de robes de taffetas et de chapeaux à épingles. Et pourtant, il y a quelque chose, ô un tout petit rien de pas grand-chose qui sonne faux dans cette fable médiatique! Cette prétendue amitié ne serait que du flan, la rivalité entre Kate et Rose serait en fait légendaire. Alors, «God save la future reine! Dans un royaume désuni – et même éparpillé façon puzzle par le Brexit –, les amateurs de zizanie sont encore loin de l’indigestion», est bien obligé de constater, piteux, Paris Match.

«Aux dépens de Kate», ils concoctent ainsi, ces vilains chimistes dans leurs labos secrets de la presse de caniveau, «de croustillantes intrigues». Et «au lieu de se réjouir de l’îlot sérénissime que représente aujourd’hui» une famille royale qui a déjà bien assez souffert comme ça à la suite des ineffables frasques de la génération précédente, «ils s’attaquent à celle qui, précisément, en incarne la stabilité». Que c’est bas, surtout après que sa belle-sœur, la duchesse Meghan de Sussex, a déjà vilement tenté de lui voler la vedette en essayant d’apparaître un peu moins conventionnelle qu’elle.

Un vrai dilemme

Voilà donc le vrai fond de l’affaire, celui qui ne se discute pas, incarne la Vérité de Dieu-dans-le-bocage: Kate Middleton «serait en réalité victime d’une campagne de dénigrement», ajoute le Match, qui en ferait une princesse prétendument cocue. De quoi offusquer un poil le chroniqueur du Daily Mail Richard Kay. Mais soap opera ou storm in a tea cup, il n’en reste pas moins que le dilemme est toujours le même dans ces cas douloureux. «Le traitement des rumeurs a longtemps été un casse-tête pour la famille royale: ignorez-les et vous risquez de les amplifier, mais si vous vous exprimez, vous courrez le risque de leur donner une légitimité.»

Et de conclure, via une source courageuse d’Anmer qui bruit dans le comté de Norfolk – là où la petite famille est censée couler des jours heureux, loin de Buckingham Palace – et à laquelle le tabloïd britannique a étanché sa soif: «Un murmure sans fondement ni vérité s’est transformé en rugissement.» Au point que «l’histoire n’en finit plus», dit-on aux meltynautes, qu'«un extrait vidéo» – en plus de cela! – «vient de refaire surface qui prouverait que le père de famille trompe sa femme depuis de nombreuses années». Car, en effet, c’est Netflix qui le prétend dans un documentaire de 2013 qu’on peut voir par ici, et si c’est Netflix, hein…:

La voilà bien, la preuve! On ne savait «pas grand-chose sur les liaisons amoureuses du prince William. Mais il parvient à les garder très discrètes.» On ne sait «pas vraiment comment il fait mais il y arrive. Il s’organise très bien. Des déclarations qui étaient passées inaperçues à l’époque!» Mais ce n’est pas tout, mille sabords, puisque le magazine Evening Standard aurait dévoilé en 2007 déjà que «le prince William a toujours eu l’œil qui traîne bien plus que le prince Harry, bien qu’il soit considéré comme le play-boy de la famille. C’est quelque chose que Kate a toujours su et accepté. Cela faisait partie du deal, si vous voulez.»

Et Harry se mit en rogne

A cet égard, Kate faisait donc une princesse de Galles «absolument parfaite», comme feu sa belle-mère, et tout se serait comploté dans un «resort of Zermatt, Switzerland»… Alors on sait maintenant «quand le prince William l’aurait trompée». Enfin, c’est Voici qui le sait: lorsqu’elle était enceinte pour la troisième fois! Et c’est ici que resurgit, «en rogne, le petit frère du prince William, Harry. Ayant eu vent de la rumeur, ce dernier aurait passé un sacré savon au fils aîné du prince Charles.» Et que lui aurait-il dit, ce garçon très sage qui aime parfois jouer au snooker ivre et tout nu ou se déguiser en officier SS? Ceci:

«L’infidélité a ruiné notre enfance. Comment peux-tu avoir une aventure alors que tu as trois enfants?»

Et paf! Ça, c’est envoyé.

Mais attention…

Toutes ces informations sont à prendre avec des pincettes. Kensington Palace nie tout, absolument tout. Kate se serait réconciliée dans le malheur avec Rose. Et dans les fameux laboratoires, on prépare déjà l’élixir suivant. Le futur papa Harry n’a qu’à bien se tenir. Et Meghan? Tu rentres dans le rang, maintenant, c’est bien compris?


Retrouvez toutes nos revues de presse.

Publicité