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Le bruant ortolan, une espèce qui souffre des maux de l'agriculture intensive et de ses pesticides.
© Pierre Dalous/Fr.wikipedia.org

écosystèmes

Quand le printemps ne gazouillera plus, par manque d’oiseaux

Deux études s’alarment d’une disparition massive dans les campagnes: un tiers en quinze ans, ce qui représente une «catastrophe écologique», due à l’intensification agricole et aux pesticides qui tuent les insectes. Face au désastre annoncé, Twitter s’affole

L’alouette des champs, la fauvette grisette, le bruant ortolan ou encore la perdrix rouge… Des noms poétiques qui évoquent des reflets chatoyants, un battement d’ailes au-dessus d’un champ de blé, une ritournelle printanière. Tout cet univers pourrait bientôt appartenir au passé. Selon deux études émanant du CNRS et du Muséum national d’histoire naturelle français, les oiseaux des campagnes françaises sont frappés de «disparition massive». En quinze ans, leur présence a diminué d’un tiers. En cause: l’évolution des pratiques agricoles qui privent les volatiles de leur principale ressource nutritive, les graines sauvages. Une situation proche de la «catastrophe écologique» qui donne un signal alarmant sur l’état de toute la chaîne alimentaire.

Sur les réseaux, les internautes des villes comme des champs pleurent la disparition de ces symphonies matinales qui sonnent l’arrivée des beaux jours, le réveil de la nature après des mois d’hibernation sous la neige. «Sans les oiseaux, plus de chant du monde», se désole @walden58. «Le chant des oiseaux ne sera-t-il bientôt qu’un lointain souvenir? L’agriculture extensive, bourrée de nitrates, insecticides et pesticides est un danger à stopper vite», renchérit @nuitetjour. «Il y a moins d’insectes, mais il y a aussi moins de plantes sauvages et donc moins de graines. Où en sera-t-on dans trente ans, dans cinquante ans?» s’inquiète encore @KarimaDelli.

Agriculture et urbanisation pointées du doigt

Au fil des années, l’agriculture intensive couplée à l’urbanisation galopante a produit des effets dommageables sur les écosystèmes. L’usage d’engrais et de pesticides a décimé plantes et insectes, les cultures homogènes ont peu à peu réduit l’habitat des oiseaux, friands de haies, bosquets et autres prairies où nicher. Selon les chercheurs, le déclin observé s’intensifie depuis 2008-2009, une période qui correspond notamment à la «fin des jachères imposées par la politique agricole européenne, à la flambée des cours du blé, à la reprise de l’utilisation du nitrate et à la généralisation des insecticides néonicotinoïdes», détaillent-ils dans ces études. Si leurs recherches portent ici sur les zones rurales françaises, le reste de l’Europe n’est pas épargné. En Suisse, par exemple, le nombre d’alouettes des champs a diminué de moitié en vingt-cinq ans.

De quoi donner à l’ouvrage de l’Américaine Rachel Carson Silent Spring (printemps silencieux), publié en 1962, des airs de prophétie. Pour son œuvre, la biologiste s’était elle-même inspirée d’un vers du poète romantique John Keats, qui écrivait en 1819 déjà: «La laîche est fanée près du lac, et nul oiseau ne chante.» L’agriculture intensive est-elle en passe de museler la nature, d’étouffer son écho? @lebret_tamara en est convaincue: «Les pesticides tuent: hérissons, insectes, oiseaux, petits mammifères, papillons, abeilles… Et je ne parle pas des humains, riverains ou consommateurs. Ces dernières années, la transformation pour qui vit à la campagne se voit à l’œil nu: affolante.»

Nostalgie et souvenirs d’enfance

Au détour de ces commentaires, la nostalgie d’un monde à demi perdu prend le dessus. A grand renfort de souvenirs d’enfance. «Quand j’avais 5 ans, mon livre préféré, c’était Petit Tom et les oiseaux. Le livre expliquait que les oiseaux de la campagne étaient très importants pour maintenir l’équilibre de l’écosystème. Et que sinon il y aurait une invasion d’insectes (en gros)», confie @GaelleMilkyway. «Grandir à la campagne a cet avantage qu’on sait reconnaître la beauté d’un faisan, d’un geai ou d’une perdrix. Bientôt, on dira qu’il fallait en profiter quand on le pouvait», déplore @Bapt_Dchrm. A en croire les internautes les plus défaitistes, les gazouillis de Twitter seront bientôt les seuls à annoncer l’arrivée du printemps.

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