Objets en vacances (2/7)

La prise antimoustique, ce n’est pas la panacée

CHRONIQUE. Ces objets ont été inventés pour nous aider à survivre en plein air. Mais qui sont nos compagnons de la belle saison? Une chronique pour l’été

En Scandinavie, si vous laissez les fenêtres ouvertes à la nuit tombée, vous les verrez débarquer en armada vrombissante, version entomologique des escadrons d’hélicoptères d’Apocalypse Now. Le moustique, c’est la plaie de l’été, le petit monstre suceur de sang qui peut transformer un séjour idyllique en cauchemar urticaire.

L’homme a pourtant tout essayé pour l’anéantir. Pendant la guerre, il asperge son intérieur de dichlorodiphényltrichloroéthane (autrement dit le DDT), produit très efficace – on lui attribue l’éradication du paludisme – mais hautement toxique qui tue l’insecte, certes, mais rend aussi patraque celui qui cherche à s’en protéger. En version soft, il y a eu ensuite la bougie à la citronnelle qui écarte le fléau volant et les moustiquaires qui l’empêchent de sévir, la nuit notamment.

Et puis est enfin arrivée la prise antimoustique. Une cartouche ou un liquide qui, en chauffant, diffusent un principe actif funeste pour la bête. Mais on reste dans la chimie. L’appareil est accusé de perturber le système endocrinien, voire de donner le cancer. Son usage est hautement déconseillé en présence d’enfants, de personnes allergiques ou de femmes enceintes.

Les autres solutions – par ultrason, par LED, par tapette électrique – sont certes inoffensives, mais leur efficacité est loin d’avoir été prouvée. Depuis 2017, le docteur Anandasankar Ray de l’Université de Californie commercialise le Kite Patch. Une sorte de sparadrap carré qui se colle sur la peau et rend son propriétaire «invisible» pour les moustiques. Il paraît que le leurre anti-piqûre fonctionne à merveille. On devrait inventer la même chose contre les crétins cosmiques.


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