L’été tient ses promesses, malheureusement. La plupart des places boursières affrontent de violents vents contraires; elles n’en avaient pas connu depuis plusieurs mois. Grands et petits investisseurs fuient les marchés, à la recherche de valeur refuge pour mettre à l’abri leurs avoirs.

Ils paient le prix de l’incertitude entretenue par la zone euro. Comme il y a une année ou presque, les salles de marché se font peur avec le scénario d’une faillite totale de la Grèce, et celui d’un sauvetage généralisé de l’Espagne. L’Europe manquant de volonté pour éviter le premier et de ressources pour le second.

La chute quasi généralisée des marchés actions résulte aussi d’un rebond, souvent à deux chiffres, amorcé fin mai sans base solide. La zone euro ne brille toujours pas par sa croissance. Les Etats-Unis, dopés au gaz de schiste, ne convainquent pas, au point que beaucoup espèrent un nouveau geste de la Réserve fédérale la semaine prochaine.

Le sommet de l’Union européenne (UE), fin juin, a certes permis à la zone euro de regarder dans la bonne direction pour sortir du tunnel dans lequel elle est entrée il y a plus de deux ans. Le calendrier reste cependant incertain, comme en témoigne la décision de l’instance juridique allemande suprême de faire attendre jusqu’au 12 septembre son approbation, ou non, du plan d’aide aux banques espagnoles. Une Espagne qui, pendant ce temps, s’enfonce dans la récession et fait douter de sa capacité à assumer seule son endettement.

Il n’est donc pas étonnant de voir de plus en plus d’Etats se refinancer à des taux d’intérêt négatifs. Le spectaculaire rebond du dollar cette année témoigne du même phénomène. Les Etats-Unis, malgré leurs problèmes, paraissent plus sûrs que l’UE.

Dans ces conditions, les mesures techniques prises hier pour bloquer la spirale infernale des marchés font pâle figure. Dans la tempête, les acteurs financiers ont besoin d’un cap, pas d’une pilule contre le mal de mer. Voilà sans doute pourquoi les regards se tournent, encore, vers la Banque centrale européenne. Car la BCE apparaît comme la seule institution phare à même d’éviter le pire, du moins pour le moment.