Initialement et sans anicroche, le gaz naturel devait reprendre le flambeau de la transition énergétique européenne et s’imposer comme la ressource énergétique ultime. Ce plan n’avait pas pris en compte l’immuable modus operandi du monde de l’énergie: les Etats appliquent à la lettre la règle du chacun pour soi et Dieu pour tous. A ce petit jeu, un grain de sable est venu d’Allemagne avec la construction d’une autoroute du gaz exclusive entre Berlin et Moscou via le gazoduc Nord Stream II.

Angela Merkel est pointée du doigt pour faire passer les intérêts de son pays avant ceux de la collectivité européenne, et certains pays ont vu rouge, comme un relent de guerre froide face à l’ogre de l’Est. Il n’en fallait pas plus pour que les Etats-Unis et la Turquie s’invitent à la table de ce qui aurait dû rester une querelle interne.