Le débat d’idées ne se tarit pas quand montent les températures. Cet été, Le Temps a confié ses espaces dévolus aux opinions à six personnalités, chacune sur un thème et une semaine, avec mission d'y faire intervenir leurs propres auteur·es invité·es. C’est l’avocat genevois et chasseur de criminels de guerre Alain Werner* qui ouvre l’opération. Il est le curateur d’une série de tribunes sur la justice internationale.

Retrouvez toutes les contributions de la semaine dans notre dossier

Le 18 juin 2021, le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone a rendu un jugement condamnant Alieu Kosiah, ressortissant libérien arrêté à Lausanne, pour des crimes de guerre commis pendant la première guerre civile au Liberia. Comment et pourquoi des juges suisses ont-ils pu rendre un jugement à l’encontre d’un ressortissant étranger qui n’a commis chez nous aucun des crimes qui lui sont reprochés, qui n’est pas Suisse, et dont les victimes ne sont pas Suisses? La réponse à cette question tient en deux mots: la compétence universelle. Cette notion de droit pénal international, intégrée dans le droit national suisse, donne la compétence à un Etat de juger certains crimes, dont les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, dès que l’auteur se trouve sur son territoire.