On a beaucoup parlé des procès de Moscou, par référence à la terreur stalinienne. Le genre a fait des émules, de Pékin à La Havane en passant par Hanoï. Et Téhéran… Ce mardi 3 mars vont être jugés, devraient être jugés, seront peut-être jugés… ou pas deux chercheurs français, Fariba Adelkhah et Roland Marchal, pour atteinte à la sécurité nationale, l’éternelle accusation-valise des régimes autoritaires du Moyen-Orient. A l’heure où j’écris, moins de vingt-quatre heures avant l’audience prévue, nul ne le sait, ni les accusés, ni leur avocat, et peut-être pas même les juges ou les geôliers.

Que le lecteur se mette à la place de Fariba Adelkhah et de Roland Marchal. L’un et l’autre ont été cueillis à l’aéroport de Téhéran le 5 juin par les Gardiens de la révolution. Perquisition, fouille des ordinateurs, confiscation de leurs effets et notamment de leurs travaux universitaires, incarcération au secret, interrogatoires intensifs relevant de la torture psychologique, poursuite ou manœuvres policières contre les personnes avec lesquelles ils étaient en relation. Ce n’est que le 30 juin que les autorités françaises ont obtenu l’information de leur détention, après que leur fut signalée, le 25 juin, leur disparition en Iran.