Revue de presse

Le profil inquiétant du forcené à la tronçonneuse de Schaffhouse

Franz Wrousis reste pour l’heure introuvable. Le «Blick» raconte sa vie passée, où il apparaît tel un homme profondément déséquilibré, asocial, dont la vie a un jour basculé pour des raisons encore difficiles à cerner

La police n’avait toujours pas retrouvé, mardi matin vers 4h30, l’homme qui, armé d’une tronçonneuse, a blessé lundi cinq personnes à Schaffhouse. Le suspect, Franz Wrousis, est – rappelons-le – un marginal vivant la plupart du temps en forêt, dans sa voiture, «au milieu de vieux matelas et d’ordures», dit la presse alémanique. Les forces de l’ordre ont poursuivi leurs recherches pendant toute la nuit de lundi à mardi, indique un porte-parole de la police schaffhousoise.

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La chasse à l’homme a également été menée dans les environs de Schaffhouse, près de la frontière avec l’Allemagne, avec des chiens renifleurs. Mais il n’y a aucun indice laissant supposer que le fugitif l’aurait traversée, ajoute un porte-parole du centre de situation d’urgence du Bade-Wurtemberg à l’agence de presse dpa.

Depuis lundi soir, très peu d’éléments nouveaux sont intervenus dans cette affaire, et l’on ne sait pas grand-chose de plus sur Franz Wrousis. Tout au plus, 20 Minuten, relayé par son homologue romand, a-t-il interrogé Ruedi Karrer, le maire de la commune de Uhwiesen (ZH), à quelques kilomètres au sud de Schaffhouse. Ce dernier explique être allé plusieurs fois balader son chien dans la forêt là où Franz Wrousis «vivait» et où plusieurs promeneurs interrogés par les Schaffhauser Nachrichten l’ont croisé: il y semblait connu «comme le loup blanc», mais pas particulièrement menaçant ou craint. Juste un marginal à qui la police avait retiré ses plaques d’immatriculation, après qu’il se fut enregistré comme résident grison.

Un amoureux de la Grèce

Le Blick raconte néanmoins quelques épisodes de sa vie passée, avec des images inédites, que le quotidien zurichois s’est procurées en exclusivité et où il apparaît «détendu, heureux, avec ses cheveux en bataille et le sourire aux lèvres». Alors comment ce «jeune homme amoureux de la nature» a-t-il pu se transformer en «loup solitaire»? Mystère. On y apprend aussi que Franz Wrousis «parle le dialecte bâlois» et qu’il avait «des relations privilégiées avec la Grèce», admirait la littérature de ce pays et y avait «voyagé plusieurs fois dans les années 1990», notamment pour pratiquer «la plongée sous-marine sur l’île d’Hydra».

Puis «quelque chose a basculé dans sa vie», racontent quelques voix anonymes: elles «brossent un tableau d’un homme confus», devenu «asocial». En 2013, il vivait à Lustmühle (AR). «Il se parlait à haute voix à lui-même», se souvient sa voisine, Claudia B. Puis il a déménagé à Beromünster (LU), où son «ancien propriétaire dit qu’il parlait toujours d’un accident de voiture», ce qui peut laisser supposer qu’il ait eu des relations complexes ou conflictuelles avec les compagnies d’assurances. D’où un probable «traumatisme». D’ailleurs, les employés de la CSS où le forfait a été commis, interrogés lundi soir dans l’émission 10 vor 10 de la SRF, clament en chœur que «les quérulents ne sont pas rares dans leurs bureaux» et qu’ils peuvent même aller «jusqu’à des menaces de mort».

Enfin, un voyageur sac au dos qui aurait croisé Franz Wrousis dans les Grisons il y a environ trois mois semble évoquer «un homme qui voulait se retirer dans la montagne, loin des gens avec qui il avait de mauvaises vibrations». Il aurait avoué qu’il se considérait lui-même comme un homme «antipathique».

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