La Direction de l’agriculture du canton de Vaud présente le projet Boiron comme destiné à «améliorer la qualité biologique et chimique des eaux du bassin-versant de la rivière Boiron». Il a débuté en 2005 et devrait se terminer en 2022. Il incite les paysans à améliorer leurs techniques culturales pour «empêcher le ruissellement et le lessivage de produits phytosanitaires et engrais». Il rémunère la réduction ou la suppression des pesticides les plus dangereux, des mesures contre l’érosion ou encore la construction d’aires sécurisées de lavage des traiteuses. Les subsides s’ajoutent aux paiements directs que les paysans perçoivent déjà.

Le projet a conduit à une lente amélioration de l’eau du ruisseau. C’est réjouissant. L’amélioration ne fut pas linéaire. Notre pays subit une pollution d’un cours d’eau tous les 2 jours. L’OFEV en compte 3807 entre 1990 et 2018. Aucune rivière n’est à l’abri – tout est tué jusqu’aux minuscules invertébrés. Une partie de ces hécatombes est d’origine agricole – ruissellement de purin, de «jus de fumier» ou intoxication aux pesticides. Le Boiron n’en a pas été exempté: 4 pollutions ont retardé les progrès du projet (en 2008, en 2009 et 2 fois en 2011). La Direction cantonale de l’environnement qualifie 3 des pollutions de dues «au jus de compost», la 4e au «jus de silo». «La Lettre du Boiron», journal virtuel qui documente l’évolution du projet, témoigne aussi de nombreuses «petites» pollutions aux pesticides.