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Joël Dicker, ici photographié en 2015 au Muséum d’histoire naturelle de Genève, voit son roman «La Vérité sur l’affaire Harry Quebert» adapté en série télé par Jean-Jacques Annaud.
© Anna Pizzolante / REZO.ch

(in)culture

Ma promesse faite à Dicker

Le deuxième roman de l’écrivain genevois, «La Vérité sur l’affaire Harry Quebert», est adapté en série télé par Jean-Jacques Annaud. C’est «la» news culturelle de la semaine

La rentrée approche, le nombre de festivals diminue et, inversement, les réseaux sociaux recommencent à bruisser de nouvelles plus ou moins fracassantes. Ces derniers jours, les milieux culturels et les médias ont ainsi commenté, souvent avec des pincettes, le retrait d’Anne-Catherine Lyon de la présidence la Fondation de droit public pour le Musée cantonal des beaux-arts. Le projet de pôle muséal lausannois qui répond au nom peu sexy de Plateforme10, dirigé par Chantal Prod’Hom, dont tout le monde écrit sobrement qu’elle est «proche» de l’ex-conseillère d’Etat vaudoise, continuera sa route sans celle qui en fut une des chevilles ouvrières. Sa décision est logique. Mais elle n’aurait pas dû attendre l’interpellation d’un député veveysan pour la prendre. Passons.

A lire: Anne-Catherine Lyon privée des Beaux-Arts

«La» news culturelle de la semaine est plus facile à traiter: La Vérité sur l’affaire Harry Quebert est adapté en série télé, le tournage a même déjà commencé au Québec. Surprise, les dix épisodes sont réalisés par Jean-Jacques Annaud, qui n’a encore jamais travaillé pour la télévision. Mais dans la même logique que ces deux grands cinéastes que sont Paolo Sorrentino et David Lynch, qui viennent de signer les séries The Youth Pope et Twin Peaks saison 3, le réalisateur du Nom de la rose et de L’Amant, deux solides adaptations d’Umberto Eco et de Marguerite Duras, envisage La Vérité sur l’affaire Harry Quebert non pas comme un produit télévisuel, mais comme un très long-métrage découpé en chapitres.

Ecriture cinématographique

La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, faut-il le rappeler, c’est le deuxième roman de Joël Dicker, celui qui a permis au romancier genevois de devenir une star de la littérature, un univers où il y en a peu. Traductions multiples, millions d’exemplaires écoulés à travers le monde, Grand Prix du roman de l’Académie française, mais aussi Goncourt des lycéens, preuve d’une unanimité intergénérationnelle: publié en 2012, le bouquin a indéniablement marqué l’histoire de la littérature suisse.

Sa déclinaison en série, aujourd’hui, valide en quelque sorte l’efficacité de l’écriture de Joël Dicker. La plupart de ceux qui ont lu le livre s’accordent d’ailleurs à vanter la construction habile d’un récit qui aspire. Plus qu’il inspire, répondront ceux qui ont soutenu, quitte à passer pour des snobs, que la plume de Joël Dicker est certes efficace, mais guère élégante.

Notre critique de «La Vérité sur l’affaire Harry Quebert»: Joël Dicker, le souffle américain

Du roman au scénario

Peu importe: à travers cette adaptation, le Genevois rejoint les Tom Clancy, John le Carré et Michael Crichton, dont on salue le découpage cinématographique, des livres conçus autant comme des scénarios que comme des romans – ce que disait d’ailleurs une estimée collègue du Temps en 2012 dans sa critique de La Vérité… On verrait d’ailleurs bien Joël Dicker, pour autant que la série de Jean-Jacques Annaud soit réussie, signer un jour un scénario original, comme ont pu le faire d’autres écrivains avant lui. Le cinéma suisse manque d’ailleurs de bons scénaristes, dit-on souvent. Pourquoi les producteurs ne tenteraient-ils pas de travailler avec des romanciers, dès lors? Mais ceci est un autre débat, comme on dit.

Lire aussi: Avec Joël Dicker, sur les rives de Baltimore

Confidence

Pour finir, cette confidence: je n’ai pas lu La Vérité sur l’affaire Harry Quebert. Si je devais m’autoanalyser, je dirais que c’est probablement par méfiance envers un objet culturel devenu produit de masse. Du coup, j’enchaîne avec cette promesse: afin de pouvoir décortiquer le travail d’adaptation réalisé par Jean-Jacques Annaud, qui, il y a tout juste dix ans, m’avait dit être «soucieux que le cinéma ne s’englue pas dans de la télévision faite pour le prime time», je vais lire le livre. Et je pourrais enfin répondre à toux ceux, famille, amis et collègues, qui un jour ou l’autre m’ont demandé mon avis sur le phénomène Dicker.


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