Depuis des mois les citoyens et citoyennes de notre continent en général et de notre pays en particulier sont préoccupés par le déploiement de la nouvelle technologie dite 5G. Toutes ces personnes n’ont pas la chance de vivre dans un espace politique qui leur permet d’avoir droit à la parole. Il s’ensuit que ces millions d’habitants sont tout simplement ignorés de leurs autorités, lesquelles font le pari, car c’en est un, qu’il ne s’agit que d’une lubie collective et que les forces du marché doivent passer coûte que coûte. A la différence des autres, notre petite République précise dès l’article 2 al. I de sa Constitution que «tous les pouvoirs politiques et toutes les fonctions publiques ne sont qu’une délégation de sa suprême autorité».

Au-delà de l’inquiétude, justifiée, des résidents genevois, la 4G, c’est bien assez. Ce discours, quelque 200 personnes l’ont repris il y a peu, devant l’ONU, à Genève. Ce rassemblement était organisé à l’appel de Stop5Ginternational.org, un organisme qui ne veut pas que la technologie 5G soit imposée à la population. Ensuite, la hiérarchie des autorités place le parlement au-dessus du gouvernement. Il s’ensuit que lorsque le parlement prend une décision, il appartient au gouvernement de tout mettre en œuvre pour que cette volonté soit dûment diligentée.

Principe de précaution

Dès l’apparition de la problématique de la 5G, notre parlement a décidé d’un moratoire sur cette technologie et il vous appartient en conséquence d’appliquer cette volonté qui traduit la très forte préoccupation qui anime nos concitoyens et concitoyennes. Au lieu de cela, nous devons constater que l’opérateur principal intensifie l’installation de la 5G sans la moindre entrave de l’Etat. Or le principe de précaution que votre formation politique sait fort bien mettre en œuvre lorsque cela sert son credo électoral, n’est, ici l’objet d’aucune application alors même que vous disposez de toute la légitimité nécessaire pour le mettre en place.

Nous peinons à ne serait-ce qu’entrevoir une esquisse de politique environnementale sérieuse dans ce domaine

Certes nous sommes dans une société de consommation effrénée et vos partisans n’échappent manifestement pas à cette frénésie au moment même où notre planète entière est parcourue de la crainte, justifiée, du réchauffement climatique. Les manifestations succèdent aux manifestations et, curieusement, alors que cette technologie comporte des éléments, notamment électromagnétiques, dommageables, ces mêmes jeunes sont absents alors que ces technologies participent largement à la pollution de notre planète.

En conclusion, Monsieur le conseiller d’Etat, nous peinons à ne serait-ce qu’entrevoir une esquisse de politique environnementale sérieuse dans ce domaine. Qu’entendez-vous faire directement puisque, autre nouveauté constitutionnelle à laquelle votre formation politique a largement contribué, les Genevois ont augmenté le catalogue de leurs droits fondamentaux en y ajoutant le «droit à un environnement sain» à l’article 19 de leur Constitution. Le moratoire, dans cette situation, s’impose de lui-même.

Un enjeu très sérieux

Vous avez voulu présider l’exécutif soit. Il vous appartient maintenant de mettre en place des éléments politiques de premier plan et ceci par une action déterminée en relation avec les promesses qui vous ont fait élire. Vous devez utiliser l’extraordinaire dynamique qui mobilise un gros pourcentage de la population. Agissez en accord avec cette nouvelle conscience et le soutien qu’elle engendre.

Il vous faut aller au-delà des gadgets promotionnels tels que le Stick'Air, qui n’enraye en rien le trafic pendulaire, le plus polluant. C’est un trompe-l’œil face aux défis globaux actuels. C’est le côté «pile» de cette pièce présidentielle que vous avez tant voulue. Monsieur le conseiller d’Etat, vous avez été élu pour votre engagement, il vous appartient d’agir bien au-delà de la simple mobilité douce. La 5G est un enjeu très sérieux, comme la préservation de nos arbres face au bétonnage incessant.


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