On croit habiter un monde commun, mais à bien regarder, les différences ont de quoi désorienter les meilleures têtes. La Suisse vient donc de refuser un projet de loi visant à punir l’achat d’une prestation sexuelle, au moment précis où l’Espagne, championne européenne des consommateurs, s’achemine, à l’inverse, vers la pénalisation des clients. De son côté, la Belgique passe à l’avant-garde, sans faire de bruit, en légalisant le «travail du sexe», qui devient de fait une activité lucrative à peu près comme les autres. Ce qui n’empêche pas ces trois pays d’afficher le même louable objectif: améliorer le sort des prostitué·es. Mais en pratique, chacun a sa recette, comprenne qui pourra.