Opinion

Protection des données: des citoyens de deuxième zone

OPINION. La révision de la loi sur la protection des données est en discussion au parlement. Le premier signal donné par le National est très négatif, estime la secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs (FRC), Sophie Michaud Gigon. Les Etats devront corriger la copie

Nous parlions e-commerce l’autre jour à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les représentants des autres pays ont été surpris quand je leur ai décrit les retards de la Suisse par rapport à l’Europe en matière de protection du consommateur: absence d’un droit de révocation de 14 jours pour une commande en ligne, inexistence d’un organe de conciliation en cas de litige, sans compter un Règlement général de protection des données (RGPD) sans équivalence en Suisse, et c’est un euphémisme. Personne n’arrivait à croire que les Helvètes puissent être des citoyens de deuxième zone comparés à nos amis européens. Et pourtant.

La révision de la loi sur la protection des données est en effet enfin arrivée sur la table du Conseil national lors de la dernière session de la législature. Une refonte rendue nécessaire depuis fort longtemps, la loi datant d’avant l’ère internet. Des scandales successifs – Facebook/Cambridge Analytica, Swisscom, PostFinance, fuites d’informations successives, ventes de données non consenties, etc. – l’ont rendue plus criante encore.