Le phénomène des théories du complot ne cesse de prendre de l’ampleur et d’investir jusqu’à nos cercles rapprochés. Certes, les théories du complot ont toujours existé, par exemple au temps de la peste, désignant des boucs émissaires. L’antisémitisme du début du XXe siècle s’est répandu via les théories du complot, et l’on sait où cela a mené. La vague actuelle, née dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, est pourtant inédite par plusieurs aspects. Elle est d’abord et évidemment liée au développement formidable d’internet et des médias sociaux.

Etre ou ne pas être

Comment expliquer l’attrait de ces thèses et leur pénétration dans de plus en plus de couches de nos sociétés? De théories, le complot est devenu une idéologie et, très récemment, une véritable identité revendiquée comme telle: «Je suis complotiste.» Il faut insister sur l’incroyable boom du complotisme depuis la crise du Covid-19. Ce n’est d’ailleurs pas le seul boom. La crise du Covid-19, du semi-confinement à aujourd’hui, a engendré une hausse des questionnements sur le sens de l’existence. On a ainsi vu fortement augmenter les recherches sur internet concernant la spiritualité, la méditation, le yoga et le qi gong, ainsi que les participations à des ateliers ou pratiques en ligne. Les Eglises ont également dû se mettre à l’ordre du jour numérique et transférer leurs activités sur internet et les médias sociaux.