Chaque semaine, Gauthier Ambrus, chercheur en littérature, s’empare d’un événement pour le mettre en résonance avec un texte littéraire ou philosophique.

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Au fil des révélations qui se succèdent à un rythme presque quotidien depuis que l’affaire a éclaté en décembre, une conviction s’est sans doute glissée dans les esprits, lentement mais sûrement: le «Qatargate» porte fort mal son nom. Au bas mot, c’est une métonymie, comme disent les littéraires. Pourquoi faire remonter tous ces cas de corruption, avec leurs ramifications édifiantes, au seul petit émirat gazier, aussi réputé soit-il en la matière? Pour qui sait compter sur ses doigts, cela fait donc trois pays concernés jusqu’ici, avec le Maroc et la Mauritanie. Sans parler des multinationales, dont on suppose qu’elles savent faire aussi bien que leurs aînés étatiques, à l’image de Pfizer, dont les échanges de courriels avec Ursula von der Leyen au temps du covid sont toujours top secret.