La ruche venait à peine de se remettre à bourdonner que la voilà stoppée net par l’Ascension. Paf! Un jeudi de congé pour écarter les orteils sous le soleil de mai. Tout reprenait, tout s’arrête de toute urgence. Bureaux vides, boulevards endormis. Avec, en embuscade, la tentation du pont, paresseusement jeté jusqu’à dimanche.

Personnellement, j’ai renoncé. Faute de visibilité sur ce que le pont pourrait enjamber cette année. Difficile de déployer la pleine puissance de mon oisiveté dans un monde qui chôme partiellement ou travaille à moitié. Pas assez de courant dans le fleuve du réel pour aspirer à m’en extraire et griller des merguez. Et puis je me suis toujours méfié du calendrier des fériés officiels. Les congés planifiés depuis deux mille ans tombent déjà souvent comme des cheveux sur la soupe en temps normal. Mais quand le temps est suspendu jusqu’à nouvel avis, ils deviennent presque hors sujet, avec leur régularité aveugle.