Revue de presse

Queen, «Bohemian Rhapsody», l’histoire continue…

Deux fois primé aux Golden Globes, le biopic de Freddie Mercury au sein du mythique groupe rock rassemble les foules

C’est une relative surprise, tant pour La Libre Belgique que pour Variety, puisque c’était plutôt A Star Is Born, de et avec Bradley Cooper, qui était donné favori et se retrouve de fait «le grand perdant de la soirée» avec seulement une récompense (pour Lady Gaga): lors de la 76e cérémonie des Golden Globes, décernés ce dimanche à Los Angeles par l’Association de la presse étrangère d’Hollywood (HFPA), le film Bohemian Rhapsody, biopic consacré au parcours de Freddie Mercury au sein du groupe de rock Queen, a été primé meilleur film dramatique; et l’acteur américain Rami Malek, qui interprète le rôle du mythique chanteur, sacré meilleur acteur dramatique.


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Cité par le Hollywood Reporter, le producteur du film, Graham King, a d’ailleurs dit que si Bohemian Rhapsody avait eu un tel succès dans les salles, c’est que le groupe Queen avait toujours eu, lui aussi, cette capacité à rassembler les foules par sa musique. C’est le film le plus vu en Suisse en 2018, écrivait récemment LeMatin.ch. Mais «personne ne s’attendait vraiment» à ce triomphe, renchérit King dans le Los Angeles Times, alors que le San Francisco Chronicle parle, lui, d’un palmarès «détraqué».

Bryan Singer oublié…

«Détraqué» parce que, rappelons-le avec Le Monde, «le réalisateur Bryan Singer a été remercié en plein tournage» de Bohemian Rhapsody «après des accusations d’agressions sexuelles et remplacé par le Britannique Dexter Fletcher. Mais selon les règles édictées par la Guilde américaine des réalisateurs, Singer, qui a réalisé la majorité des séquences, reste seul mentionné au générique. Il n’a pas été cité par Rami Malek dans ses remerciements…»

«Is this the real life, is this just fantasy…» Alors que Queen, dans les années 1970, était plutôt classé, avec pas mal d’homophobie, dans la catégorie des musiques commerciales pour «minets», il est frappant de constater que la maison de disques EMI, en 1975, avait d’abord refusé de sortir en single le tube emblématique du groupe, Bohemian Rhapsody, justement. Elle l’avait jugé «à la fois trop long – presque 6 minutes – et trop bizarre, avec ses multiples changements de rythme et ses chœurs psychédéliques aux paroles incompréhensibles», rappelait la chaîne d’info LCI en décembre.

Des records en pagaille

Or, «plus de quatre décennies plus tard, ce morceau extrait de l’album A Night At The Opera» a fait «son retour dans les charts à la faveur du succès du film», avec des millions de dollars de recettes à travers le monde, «soit le biopic rock le plus populaire de tous les temps». Et donc le morceau de musique le plus streamé de tous les temps aussi: plus d’un milliard et demi d’écoutes à la mi-décembre sur les principales plateformes. Excusez du peu, car il y a à peine six mois, un jeune de 20 ans aujourd’hui pouvait ne jamais même en avoir entendu parler…

Mais derrière l’histoire musicale, il y a un vrai phénomène social – et c’est sans doute cela qui fascine encore aujourd’hui, à la faveur du rappel filmique. Et aussi d’une formidable émission de France Inter diffusée l’été dernier sur le «groupe de glam-rock anglais aux tenues excentriques, aux chansons à l’orchestration de dingue, à la musicalité qui résiste au passage du temps, à leurs performances scéniques jamais égalées».

«A kind of magic»

C’est sans doute un peu exagéré, mais il y a plus intéressant encore: c’est «l’histoire moins connue de Farrokh Bulsara, le véritable nom de Freddie Mercury, né à Zanzibar alors sous protectorat britannique», son parcours, «les groupes qui ont précédé et participé à la naissance de Queen, leurs innovations musicales, vestimentaires ou stylistiques, la manière dont ils ont été reçus par le public et comment ils ont conquis le monde jusqu’à la disparition de Freddie Mercury. Queen, it’s a kind of magic!»

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