Chronique

Et qu'en pense Super Mario?

Le programme d’assouplissement monétaire de la BCE n’a pas apporté les résultats escomptés. Le spectre de la déflation est de retour. Des nouvelles mesures sont attendues ce jeudi, mais des économistes demandent à Mario Draghi de sortir des sentiers battus

Le scénario est couru d’avance. Le visage morne, les yeux impassibles et le ton sérieux, Mario Draghi présentera ce jeudi 10 mars un chapelet de nouvelles mesures qui, prêchera-t-il, donneront une nouvelle impulsion à la zone euro. Mais au fait, que peut-il faire d’autre que de baisser un peu plus le taux d’intérêt qui navigue déjà en zone négative? Ou encore élever le plafond des achats de dettes publiques et ajouter aussi d’autres types de créances à son portefeuille? A la fin, tout en fléchissant ses muscles, il récitera son couplet bien connu: à l’avenir, la BCE fera tout ce qu’il faudra «all it needs» pour redresser la barre.

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Une année a passé depuis que la BCE a mis en place son programme d’assouplissement monétaire qui consiste à acheter des dettes publiques et à baisser son taux directeur. Objectif: augmenter la masse monétaire en circulation dans la zone euro et atteindre une inflation proche de la cible de 2%.

Le spectre de la déflation

Les mesures et les propos rassurants de Mario Draghi ne sont pas restés sans effets. Ils ont notamment aidé à la réduction des taux d’intérêt ainsi que l’écart des taux entre les différents pays de la zone euro. Il n’empêche. La zone euro peine toujours à décoller et le chômage reste à un niveau inquiétant. Et surtout, l’inflation est retombée en zone rouge le mois dernier. Des économistes alarmistes voient le spectre de la déflation.

Face à cette situation, Mario Draghi est invité à trouver des voies alternatives. Une idée fait son chemin: un assouplissement monétaire qui aiderait directement les ménages ainsi que des investissements directs dans des projets publics. «Si l’argent pouvait alimenter directement les budgets publics ou servir à réduire les impôts ou même être versé sur les comptes des ménages, il aurait sûrement un impact», a écrit Martin Wolf du Financial Times. Une coalition nommée «Assouplissement monétaire pour le peuple» mène campagne sur ce thème.

Et qu’en pense Mario Draghi?

L’italien s’est déjà montré téméraire. En 2015, il est sorti de l’orthodoxie économique et monétaire qui est propre à une banque centrale et accepté l’idée que la restructuration de la dette – on était en pleine crise de la dette grecque et le spectre du Grexit terrorisait la zone euro – est une option valable. Il est allé encore plus loin lorsqu’il a admis que des programmes de relance étaient nécessaires pour compléter les mesures de la BCE, invitant des pays comme l’Allemagne ayant des surplus budgétaires à investir dans la relance.

Sortira-t-il une nouvelle fois des sentiers battus?

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