Résumons. C’est la Weltwoche, le média dirigé par le conseiller national UDC Roger Köppel, qui a publié cette information samedi, narrée par un autre ancien conseiller national UDC, Christoph Mörgeli: le conseiller fédéral Alain Berset a été contacté en novembre 2019, peu avant l’élection du Conseil fédéral, par une femme – rebaptisée «Scarlett Gehri» – qui a tenté de le faire chanter, en lui demandant dans un message écrit en anglais 100 000 francs pour ne pas rendre publics certains documents datant de 2012 – pis, en menaçant de les vendre ailleurs s’il ne s’exécutait pas.

Alain Berset porte plainte le 12 décembre et le lendemain, le jour où l’avocat du ministre devait rencontrer «Scarlett», la femme est arrêtée, ses ordinateurs et téléphones portables sont saisis. Le 12 cependant, elle s’était ravisée, avait renvoyé les originaux des documents à Alain Berset en disant qu’elle abandonnait ses demandes. Cette lettre lui permettra de voir sa peine réduite par la justice. Avec son accord, toutes les données seront effacées de tous ses appareils – pas seulement les contenus concernant cette affaire – et les deux parties tombent d’accord pour conserver l’anonymat. La personne, qui est en difficulté financière, est condamnée en septembre à 150 jours-amendes à 30 francs, soit 4500 francs, avec un sursis de deux ans et une amende de 900 francs. La Weltwoche a pu consulter l’ordonnance, qui comporte des noms caviardés – rayés au feutre noir pour les rendre illisibles. Fin de l’histoire?