Simon Johannin avait 23 ans en 2017, l’année où paraissait L’Eté des charognes, son premier roman, chronique d’une saison morte dans un village poisseux, «un bout de goudron qui finit en patte d’oie pleine de boue dans la forêt». Pour l’écrire, l’auteur français s’était installé dans l’esprit d’un gamin pauvre et livré à lui-même. Deux ans plus tard, Nino dans la nuit, qu’il co-signe avec Capucine Johannin, change de décor mais pas d’humeur: Nino a 20 ans. Il est lyrique et vulgaire, amoureux et désenchanté. Il a choisi la marge, les friches, la nuit, les paradis artificiels. Le monde du travail, la vie sédentaire, le pouvoir d’achat – tout ça c’est pour les autres, les soldats, les peureux.