Dans sa tribune, la Conseillère d'Etat vaudois Béatrice Métraux l'assure, le racisme n’a pas droit de cité au sein des polices vaudoises. 

«Non, les polices vaudoises et la police cantonale ne pratiquent pas le «délit de faciès» ni d’autres formes systématiques de discrimination. Elles ne succombent pas à la facilité du racisme et des préjugés, quels qu’ils soient»

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Babara Bernath, Secrétaire générale de l'Association pour la prévention de la torture, dresse, elle, un autre constat, en pointant du doigt le «racisme systémique» persistant dans les polices du monde entier. 

«Le racisme systémique vient s'ajouter à une véritable culture de la violence au sein de la police. Les manifestations publiques qui ont eu lieu après la mort de George Floyd pour protester contre la violence policière et le racisme se sont heurtées, ironiquement, à des violences, des passages à tabac ou l'utilisation de grenades ou autres méthodes violentes de dispersion des manifestations. Durant la pandémie aussi, on a observé un usage excessif de la force dans de nombreux pays pour faire respecter les mesures de confinement, en particulier dans les quartiers pauvres et marginalisés.»

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Cette dernière juge, par ailleurs, nécessaire la transformation de la culture des polices. 

«Il faut transformer en profondeur la culture institutionnelle de la police afin de rompre avec les attitudes discriminatoires, hostiles et coercitives du «nous contre eux». La communauté doit être au centre de ce changement. Une action résolue doit être menée – simultanément – à quatre niveaux différents:

  • Le rôle de la police doit être revu afin de protéger et servir la communauté, avec une police de proximité axée sur la recherche de solutions et de partenariats, fondée sur des valeurs fortes de dignité, d'égalité et de non-discrimination. 
  • Les policiers: le profil des agents ne doit pas être celui de «guerriers» mais de «protecteurs».
  • La culture policière caractérisée par un «esprit de corps» doit faire place à la transparence et au contrôle externe.
  • Enfin, l'impunité est un obstacle majeur au changement: Derek Chauvin, l'officier qui a tué George Floyd avait fait l'objet de 18 plaintes préalables. Les responsables de comportements racistes ou de mauvais traitements doivent être immédiatement traduits en justice.

Ne pas mélanger les situations

Pour Béatrice Métraux, il semble peu pertinent de faire l'analogie entre la situation étasunienne et suisse. «Le contexte vaudois et suisse, la culture policière dans notre pays, la formation de nos policiers ne sont pas comparables à ce que l’on observe aux Etats-Unis ou même en France. Les écoles de police helvétiques abordent sans tabous ces thématiques. Elles développent les compétences interculturelles des policiers et les préparent à travailler dans une société de plus en plus plurielle.»

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La conseillère d'Etat ajoute: «Les corps de police, de leur côté, appliquent des critères très stricts de recrutement et encadrent fortement l’action sur le terrain, notamment au moyen de codes déontologiques. Les interventions, suivant les dispositions constitutionnelles, doivent toujours être proportionnées et justifiées par un intérêt public. Pourtant, j’en suis consciente, le policier n’est pas à l’abri d’un écart. Ce métier, exigeant et complexe, soumis à des attentes parfois contradictoires, peut générer du stress, des tensions, des frustrations. Des comportements inadéquats, voire contraires à la loi, sont parfois possibles. Quand ils sont avérés, ils ne restent pas impunis. La crédibilité de la police et la confiance dans son action en dépendent.»