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Rafael Nadal, toujours très expressif.
© Benoît Tessier/TPX/Reuters

Revue de presse

Rafael Nadal, le plus grand terrien de l’histoire du tennis

Les médias spécialisés dans le sport sont unanimes à saluer le 10e sacre du prodige de Manacor. On a rarement lu autant de superlatifs au lendemain d’une finale de Grand Chelem. Sauf quand il s’agissait de… Federer. L’an 2017 sur les courts: vintage!

«On reproche parfois, pardon, souvent, aux journalistes leur manque d’objectivité. C’est à mon sens une erreur. Ou en tout cas un malentendu», n’hésite pas à écrire Laurent Vergne, le chef des informations à Eurosport.fr depuis 2012 et journaliste sur cette même chaîne depuis quatorze ans. Car pour lui, «l’objectivité, ce n’est pas l’absence de sentiments, ou de préférence. […] On ne choisit pas ce métier si on n’aime pas profondément le sport. On ne couvre pas des événements tels que Roland-Garros des années durant sans avoir le tennis dans les tripes.»

Lire aussi: Wawrinka décimé par Nadal pour sa «decima»

«La subjectivité, poursuit-il, n’est pas l’ennemie de l’objectivité. Le manque d’objectivité, en l’occurrence, ne tient pas tant à l’affichage de ces sentiments, qu’à la capacité à ne pas laisser son devoir d’analyse submergé par ceux-ci.» Alors, «ce préalable posé, et même si la démarche agacera peut-être certains, ce n’est donc pas tant comme membre» d’une prestigieuse rédaction qu’il a voulu «évoquer le sacre de Rafael Nadal que comme simple amoureux» du tennis. «Rafa n’avait pas «besoin» de cette decima. Il était déjà le plus grand terrien de l’histoire.»

On aurait envie de citer ce texte dans son intégralité, mais on s’arrêtera là. Et puis non. Juste une dernière louche quand même: Nadal est aux yeux de Vergne «le plus grand compétiteur de l’histoire du tennis». Si Federer nourrit «un amour total pour le tennis», le Majorquin adore la compétition, lui. «Bien sûr, cela ne veut pas dire que le premier n’a pas le goût du combat et le second celui de son sport. Mais la sève qui les irrigue a une couleur différente. Celle de Nadal lui permet de se relever, encore et toujours. Elle lui a permis de se hisser tout en haut dès ses 19 ans, et d’y revenir une fois encore ce 11 juin.»

Trois ans pour revenir

L’Equipe rappelle de son côté qu'«il aura donc fallu trois ans à Rafael Nadal pour conquérir son dixième titre, la fameuse decima, à Roland-Garros. L’Espagnol (31 ans) y aura mis la manière, comme à sa grande époque, et même mieux, face à celui qu’on présentait comme son plus féroce rival de toute la quinzaine, Stan Wawrinka.» Le Suisse (32 ans, 3e rang ATP) «aura été bien impuissant face au roi de la terre», de retour dès ce lundi à la deuxième place mondiale. «En 2017, les patrons, c’est Federer et Nadal. Vous avez dit vintage?» L’allemand Kicker confirme que le second a une nouvelle fois établi «sa réputation comme le meilleur joueur de tous les temps sur terre battue».

«Wimbledon sera une étape décisive, pour la Gazzetta dello sport, car «cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un Nadal aussi fort», selon Tuttosport. Depuis le début du tournoi français, il a rarement montré une forme aussi brillante dans sa carrière», comme si «le temps qui passe» n’avait pas d’emprise sur lui. Même avec la si positive «conjoncture astrale dont bénéficiait Wawrinka», le Suisse n’a rien à se reprocher dans la conquête de cette decima par son adversaire.

Espagnol ET Catalan

Marca le voit d’ailleurs déjà partir «à l’assaut» pour conquérir la place de numéro un mondial, à la poursuite de Murray. A lire les unes de la presse mondiale qu’a recensées le quotidien sportif espagnol, il a tout pour bien faire, mais il faudra maintenant qu’il s’améliore sur gazon. Dans un commentaire, il constate qu’en «ces temps troublés, où l’on ne parle que de confrontation politique […] dans un pays si divisé», l’Espagne entière «converge vers Rafa Nadal», oubliant pour quelque temps que ce joueur de tennis espagnol est Baléare, c’est-à-dire né sur l’île de Majorque. Qui fait partie, en théorie du moins, du giron catalan.

Roland 2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2017: «Même les plus grands sportifs de tous les temps, les Michael Phelps ou Usain Bolt, n’ont pas atteint ce niveau-là.» Nadal fait maintenant partie du «patrimoine de l’humanité et pour tout ce qu’il représente en matière de fierté et d’élan nationaux», Marca ne peut que le féliciter chaleureusement pour réveiller «un pays endormi» et l’inciter à renouer avec le succès.

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Pour le quotidien catalophone El Punt/Avui, d’ailleurs le Majorquin a «le mérite de la ténacité». Il «aurait pu prendre sa retraite» après avoir remporté tous ses trophées, mais non, «il a continué à pagayer contre l’adversité». Il «n’a pas jeté l’éponge, mais est parti à la recherche de nouvelles améliorations de son jeu». L’effet produit se révèle «stratosphérique», aussi bien sur le plan de «sa puissance physique que de son impressionnante capacité de récupération, avec sa force intérieure et mentale». Avec Federer, ils forment désormais «deux exemples, deux modèles qui, pour avoir serré les dents, ont soudain réémergé.»

Un «théâtre de rêves»

Même dithyrambe au creux des lignes produites par As, pour lequel «le roi de Paris» est désormais «immortel». A trois points de Federer pour le record des victoires en Grand Chelem (15 contre 18), «Rafa» est en revanche déjà entré «dans l’histoire du tennis pour avoir réussi à maîtriser comme nul autre une surface et à monopoliser un tournoi». Roland-Garros, quel «théâtre de rêves» que ce «tapis ocre au cœur du bois de Boulogne»!

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