Chronique

Ramer en rose, et la vie reprend le dessus

OPINION. En prévision de la semaine consacrée par l’OMS au cancer du sein, notre chroniqueuse, Marie-Hélène Miauton, est allée voir un matin comment des femmes atteintes de cette maladie rament à Vidy: une leçon de vie, une démonstration de courage!

C’était un de ces matins enchanteurs que seule la fin de l’été est capable d’offrir. Ciel clair, fraîcheur revigorante, luminosité transparente, lac immobile… Au bord du Léman, il fallait sortir les bateaux, se saisir des «pelles», longues rames très légères, pour les installer dans leur dame de nage, régler les cale-pieds, mettre le bateau à l’eau, s’y installer, puis partir, prendre le rythme, respirer, se tenir droites, ne pas forcer, travailler sur les jambes…

L’ambiance au Rowing Club Lausanne n’était pas celle d’un entraînement sportif: nulle hâte, un joyeux babil, quelques conseils, des échanges souriants, de l’entraide, sous le regard attentif, vigilant, empathique de quatre responsables. Il s’agit de l’entraîneuse du RCL, Virginie Martin, ainsi que de deux médecins et un infirmier-chef (Jean-Pierre Gervasoni, Jean-Pierre Randin et Pierre Weissenbach), tous aguerris à l’aviron. Depuis leur retraite, ils consacrent bénévolement leurs mardi et vendredi matin à un groupe de femmes atteintes d’un cancer du sein. Des hommes convaincus des bienfaits de l’activité physique pour les malades, mais aussi des sportifs ayant analysé pourquoi l’aviron est particulièrement recommandé pour cette pathologie spécifique.